Avec près de 54 500 contributions, preuve de l’enjeu, la MSA peut se féliciter d’avoir reçu nombre de participations à sa concertation sur la simplification administrative organisée à l’automne dernier. À sa suite, elle a préparé vingt « engagements pour faciliter la vie » des adhérents à la MSA. Le président de la MSA, Jean-François Fruttero était si enthousiaste à l’idée de présenter ce plan, qu’il a fait avec 40 minutes d’avance ce lundi 23 février 2026, au Salon de l’agriculture international (Sia).
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« Préremplissage » des données
Concrètement, et d’après le dossier de presse, la MSA veut intégrer un « préremplissage » des informations pour les démarches en ligne. Les adhérents font en effet souvent face au besoin de renseigner plusieurs fois une même information sur le site (Siret de l’exploitation, nom et prénom).
En 2026, il sera également possible de se connecter sur l’application mobile via la reconnaissance faciale ou l’empreinte digitale. Les règlements en ligne pourront être réalisés par carte bancaire.
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Les délais de réponse seront calculés en fonction de la MSA du territoire, et non plus nationalement, avec des délais désormais affichés sur le site de la MSA courant 2026. Pour les employeurs, la reprise des erreurs a posteriori dans le cadre de la déclaration sociale nominative (DSN) devrait être facilitée. Un « tableau de bord » pour « visualiser les démarches en cours » devrait être créé pour les exploitants.
Des courriers « sans jargons administratifs »
Pour améliorer l’accessibilité de son site, la MSA prévoit une refonte du site internet avec un volet d’informations de proximité et pour s’adapter à la consultation sur mobile qui représente 60 % des visites.
Elle prévoit aussi de rendre son site 100 % conforme aux normes d’accessibilité pour les personnes en situation de handicap. Elle promet, des courriers « sans jargons administratifs » en particulier ceux liés au « recouvrement et au contentieux » et aux réponses de mail.
Sur le plan humain, la MSA ne prévoit pas de nouveaux postes de proximité. Ces dernières années étaient plutôt sur une tendance baissière, dans une logique d’accompagnement de la chute du nombre d’exploitations. Mais l’organisme souhaite « renforcer la présence » des 13 000 délégués MSA sur le territoire, et mieux mettre en valeur leur rôle de « vecteurs d’information sur l’accès aux droits ».
Dans le cadre de la concertation, la MSA envisage de développer l’expérimentation des nouveaux services par des adhérents volontaires. « Plus de 10 000 adhérents se sont portés volontaires », explique-t-elle.
La MSA annonce aussi vouloir « mieux accueillir les nouveaux adhérents en simplifiant l’affiliation », avec la généralisation du parcours « je m’affilie » pour les jeunes qui s’installent dans le secteur agricole.
Faciliter la transmission des arrêts maladie
Cette simplification passe aussi par « l’accompagnement » des professionnels de santé, pour faciliter la transmission des arrêts maladie par exemple. La MSA entend aussi intensifier ses webinaires « pratiques » courant 2026 pour les entreprises et employeurs sur le droit des accidents de travail, la santé sécurité au travail ou sur les réformes en cours : assiette des cotisations sociales, statut du conjoint collaborateur.
La simplification, « ce n’est pas simple », reconnaissait Jean-François Fruttero. À l’occasion d’un débat sur le stand de la MSA, le président de la MSA voyait deux enjeux à cette simplification : la « digitalisation » et « l’accueil physique ». « On n’amènera pas tout le monde au numérique, il faut qu’on se maintienne dans les territoires », assurait-il.
En pleines négociations avec le gouvernement sur la prochaine convention d‘objectifs et de gestion (COG) qui établit le budget de la MSA de 2026 à 2030, Jean-François Fruttero a plusieurs fois mentionné le besoin d'« humain » dans les relations entre la MSA et les agriculteurs, avec face à lui, Thierry Lambert, délégué interministériel à la Transformation publique. Le message sera-t-il entendu ?