Le grand salon professionnel agricole de l’Ouest, le Space, va ouvrir ses portes mardi 14 septembre, à proximité de Rennes (Ille-et-Vilaine). Plus de 500 bovins de 13 races vont concourir avec, cette année, la mise à l’honneur des races normande et rouge des prés. Florian Granchi, 45 ans, est l’un des deux vétérinaires du salon.

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Parer aux urgences

De l’arrivée des animaux le lundi et jusqu’à leur départ le vendredi, de 7 h à 20 h, il sillonne les allées du hall 1 pour ses tournées quotidiennes et pour parer aux urgences. Déjà dix ans qu’il officie.

« Lorsque j’ai intégré la clinique de Saint-Grégoire (Ille-et-Vilaine), mes associés intervenaient déjà au Space », raconte le praticien avec son léger accent du Sud. « J’ai remplacé un collègue et n’ai jamais arrêté depuis », lance-t-il, signifiant à demi-mot un attachement particulier aux bovins, souvenirs des vaches camarguaises de son enfance, près de Nîmes.

« Nous avons affaire à des championnes »

Sur le salon, le travail n’a rien à voir avec celui réalisé en clientèle. « Nous avons affaire à des championnes », souligne-t-il. Comprenez : avec toute la pression que cela engendre au niveau des éleveurs.

« Durant cette semaine-là, ils nous appellent dès que leurs vaches ne mangent plus. Les mammites et les coups de chaleur sont les pathologies les plus souvent rencontrées. Heureusement, nous avons généralement un bon taux de guérison car nous intervenons suffisamment tôt. »

« Nous soignons des vaches de compétition avec toute la pression que cela engendre au niveau des éleveurs. »

Loin de tout repos

La veille des concours, la pression est forte et il n’est pas rare de finir tard. « Le soir venu, le calme revient dans les allées mais le stress des éleveurs est bien là. Florian Granchi se souviendra longtemps de cette normande qui avait fait une entérite hémorragique et se débattait dans tous les sens. Il a dû l’endormir dans la stalle entourée par la foule, toujours prête à s’agglutiner lors de tels événements. Il a fallu se résoudre à fermer les allées pour transporter la vache avec un transpalette jusqu’à l’infirmerie.

La gestion du bien-être animal n’est pas un vain mot dans le règlement de ce rendez-vous international de l’élevage. « Lorsque j’ai commencé, les agriculteurs pouvaient réaliser eux-mêmes les interventions sur leurs bêtes. Désormais, seuls les vétérinaires peuvent le faire. »

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Échographies avant les concours

Depuis deux ans, des échographies des mamelles sont pratiquées avant les concours pour éviter des œdèmes provoqués par des pis trop pleins. Seules les vaches ayant vêlé depuis plus de trois mois sont autorisées à participer aux concours, afin de limiter toutes les pathologies entourant le vêlage.

Bruit, chaleur, foule, stress…, la semaine au salon est loin d’être reposante pour les hommes et les animaux. Pourtant, Florian Granchi n’y renoncerait pour rien au monde. « J’aime cette ambiance. Depuis toutes ces années, un lien s’est créé avec les éleveurs, avec de forts moments de convivialité. »

Isabelle Lejas