« J'ai signé l'arrêté d'extension de cet élevage de Landunvez », a déclaré le mercredi 9 novembre 2022 le préfet du Finistère, Philippe Mahé, confirmant à l'AFP une information du quotidien Le Télégramme. « Cet élevage répond aux conditions légales d'extension », a-t-il souligné.

Le vendredi précédent, le conseil départemental de l'environnement et des risques sanitaires et technologiques (Coderst) avait donné un avis favorable au nouveau dossier déposé par cet élevage baptisé Avel Vor (« vent de la mer » en breton).

Instance de suivi

Pour répondre aux préoccupations des habitants, le préfet a annoncé la mise en place d'une « instance locale de suivi » de la qualité de l'eau sur ce territoire. « On mettra en toute transparence, sur la table, le suivi de la qualité de l'eau. S'il y a des pollutions, on en cherchera l'origine », a assuré le préfet.

« Ce n'est pas satisfaisant de savoir que des plages sont polluées mais personne n'a pu dire de manière précise l'origine des pollutions », a-t-il ajouté. Plages fermées, eau dégradée, pollution de l'air... Les opposants dénoncent les nuisances liées à cet élevage, qui viennent s'ajouter, selon eux, à celles des élevages voisins, dégradant l'environnement de la commune.

À la fin d'août 2022, deux manifestations s'étaient tenues autour de l'élevage concerné : d'un côté, un soutien affiché par l’union des groupements des producteurs de viande de la Bretagne, rejointe par la FDSEA et Jeunes Agriculteurs (JA) et, de l'autre côté, les opposants mobilisés par l’association Avenir et environnement en pays d’Iroise (AEPI), affiliée à Eau et Rivières de Bretagne et à France Nature Environnement.

Abrogation demandée

L'enquête publique menée en 2015 avait émis un avis défavorable à cette extension. Mais le préfet de l'époque l'avait néanmoins autorisée en avril 2016.

Saisie par les opposants, la justice administrative a annulé l'arrêté d'extension en première instance et en appel, en 2019 et 2021. Mais la porcherie était alors déjà agrandie, produisant 27 000 porcs charcutiers par an, en vertu d'une autorisation préfectorale provisoire.

« On se fout ouvertement de nous », a réagi mercredi Laurent Le Berre, président de l'Association pour la protection de la côte des légendes (APPCL). Selon lui, les associations vont boycotter l'instance de suivi de la qualité de l'eau proposée par le préfet, qu'il a qualifiée de « vaste plaisanterie ».

« On va demander l'abrogation de ce nouvel arrêté qui est de toute évidence parfaitement illégal », a-t-il ajouté. « Des décisions de justice sont tombées, ce n'est pas normal de régulariser par derrière. » Les associations comptent aussi déposer plainte au pénal pour « mise en danger de la vie d'autrui ».