« En 2021, la production ovine française recule en nombre de têtes sur un an, dans un contexte de réduction des cheptels, en France et dans les principaux pays producteurs », introduit Agreste, le service de la statistique du ministère de l’Agriculture, dans sa synthèse annuelle « ovins » publiée le 25 mars 2022.

Troisième année consécutive de repli

La production ovine a reculé de 1,1 % en 2021 par rapport à 2020, atteignant les 4,3 millions de têtes. C’est la troisième année consécutive qu’elle se replie, note Agreste. Elle se redresse toutefois de 0,3 % en poids, avec 82 000 tonnes-équivalent carcasse (tec).

 

« Cette baisse est la conséquence du net recul de la production d’ovins adultes (–9,4 %) à peine contrebalancé par l’accroissement de la production d’agneaux (+0,2 %) », analyse-t-il. « L’engraissement d’un plus grand nombre d’agneaux issus du cheptel laitier, [est venue] compenser la baisse de ceux issus du cheptel allaitant », ajoute le ministère.

Le cheptel allaitant est le plus concerné

Entre 2011 et 2021, le cheptel ovin français a diminué de 8,3 %, passant de 7,6 millions à près de 7 millions de têtes, constate Agreste. La baisse concerne majoritairement le cheptel ovin allaitant : « Les effectifs de brebis et agnelles saillies de la filière de la viande reculent de 661 000 têtes en dix ans, soit une baisse de 15,6 % », illustre-t-il.

 

Le cheptel laitier décroît quant à lui plus légèrement (–2,4 %), perdant 38 000 femelles reproductrices sur la période.

 

Le constat est similaire chez certains voisins européens : « Dans les six principaux pays d’élevage de l’Union européenne, le cheptel recule de 5,5 % sur la même période, passant de 54,2 millions à 50,4 millions de têtes. »

 

Les situations varient cependant fortement selon les pays : un recul des effectifs de femelles reproductrices est constaté en Espagne (–18,7 %), en Grèce (–26,6 %) et en Italie (–14,8 %). Le cheptel augmente en revanche en Roumanie (+23,5 %) et en Irlande.

Moins de demande, mais plus de viande française

En repli continu depuis 2011, la consommation en France de viande ovine (hors et à domicile), estimée à 151 000 tec en 2021, est de nouveau en recul : de 2,8 % par rapport à 2020, et de 7,7 % par rapport à 2019. Elle passe ainsi, par habitant, de 2,9 kg en 2011, à 2,2 kg en 2021.

 

La part des viandes importées dans la consommation française recule toutefois, passant de 59,4 en 2011 à 51,6 en 2021.