« Lactalis a finalement clairement affiché sa volonté de réduire son volume contractuel d’entreprise, à hauteur de 2 % par an pendant 3 ans, en partenariat avec les Organisations de producteurs (OP) », indique Christine Lairy, la directrice de l’Organisation des producteurs de lait du Grand Ouest (OPLGO).

 

OPLGO entend accompagner son client dans cette transition, qui devrait « réduire son exposition aux marchés volatils », tout en maintenant les volumes contractuels individuels de ses adhérents. C’est chose faite, avec la signature d’un récent accord sur la gestion des volumes.

Vers une « mutualisation des volumes »

L’objectif de réduction annuelle de 2 % porte sur le volume contractuel d’OPLGO, constitué de la somme des volumes contractuels individuels de ses membres. Un premier pas vers la « mutualisation des volumes » au travers des organisations de producteurs.

 

« Cette mesure est indolore pour les producteurs », explique Christine Lairy à La France Agricole. Ces derniers sont appelés à respecter leur volume contractuel actuel. Le repli du volume total passera par les prélèvements opérés au moment des cessions de contrats. Les éleveurs devront également faire une croix sur le lissage technique, leur permettant jusqu’alors de reporter un léger dépassement sur la campagne suivante.

 

En fin de campagne, si le volume contractuel de l’organisation de producteurs respecte les seuils fixés avec l’entreprise, « seuls les producteurs dépasseurs de plus de 4 % leur volume contractuel individuel seront pénalisés sur la totalité de leur volume de dépassement », précise le communiqué transféré aux éleveurs membres d’OPLGO en novembre dernier. Si le volume de l’organisation de producteurs est lui-même en dépassement, tous les producteurs dépasseurs seront pénalisés, selon les règles en vigueur.

Généraliser la démarche

OPLGO représente 700 millions de litres de lait, sur les presque 5 milliards collectés annuellement par le géant Lactalis. « L’objectif de réduction affiché par Lactalis concerne son volume total, tout le monde doit jouer le jeu pour espérer voir le mix-produit de la laiterie évoluer favorablement à moyen terme, souligne Frédéric Epineau, le président d’OPLGO. Chaque organisation de producteurs, chaque producteur peut appréhender le sujet à sa manière. »

 

« Nous sommes sur la bonne voie », à condition de veiller à ne pas « en arriver à une pénurie de lait irréversible », relève le président.