« Les pluies tombées depuis le 15 août font du bien, constate Cédric Henry, le président de la FDSEA d’Ille-et-Vilaine. Elles devraient permettre de reverdir les prairies, mais pas encore la repousse. » Les effets de la sécheresse sont visibles : les prairies sont grillées et la plupart des éleveurs laitiers ont commencé à puiser dans leurs stocks de fourrage pour l’hiver. Le manque de précipitations devrait impacter les prochaines récoltes de maïs avec des rendements et une qualité des grains très variables selon la date de semis et le précédent cultural.

Grille du maïs actualisée

La première angoisse des éleveurs laitiers est de savoir ce qu’ils vont donner à manger à leurs vaches cet hiver ! Pour certains, il va falloir acheter du fourrage. Dans un contexte de flambée des intrants, la question du prix est prégnante. Afin d’éviter la spéculation, les chambres d’agriculture de Bretagne ont actualisé la grille de plafond du prix du maïs afin de tenir compte de l’hétérogénéité de la plante cette année. C’est une base de négociation entre acheteur et vendeur.

 

L’autre source d’inquiétude concerne la méthanisation qui s’est développée en Ille-et-Vilaine et peut créer une concurrence nouvelle sur « l’usage du foncier, la production de fourrages et le devenir des effluents notamment », rapportent la FDSEA et JA. « Nous ne tirons pas à boulet rouge sur la méthanisation qui répond à la demande énergétique et de diversification de revenus, indique Cédric Henry. Nous sommes favorables aux systèmes vertueux basés sur les effluents d’élevage et non aux cultures destinées exclusivement aux méthaniseurs. »

 

Le message est clair : « Le fourrage doit aller en priorité à l’alimentation animale. » Une vision partagée par l’association des méthaniseurs bretons (AMB). Une des solutions envisagées serait que les méthaniseurs vendent leurs fourrages aux agriculteurs en échange d’effluents de qualité de leurs élevages… si l’administration l’autorise.