Il aura fallu patienter de très nombreux mois pour enfin avoir une troisième programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE 3). Parue au journal officiel du 13 février, elle fixe les orientations énergétiques françaises pour les dix prochaines années. L’objectif de cette PPE3 est notamment d’atteindre la neutralité carbone à horizon 2050.
Objectifs très ambitieux pour le biométhane
Afin de sortir progressivement de la consommation de gaz fossile importé, la PPE3 donne pour objectif de passer la quantité de biométhane injecté dans le réseau de 9 TWh sur la précédente PPE actuellement à 44 TWh en 2030. L’AAMF (Association des agriculteurs méthaniseurs de France) rappelle par ailleurs que 15 Twh de biométhane sont actuellement raccordés aux réseaux, bien au-delà des objectifs de la PPE2.
Développer les Cive
L’accélération massive de l’injection de biométhane ne peut pas s’effectuer sur les seules ressources actuelles. Le texte de la PPE3 précise ainsi que l’atteinte de cet objectif suppose de développer fortement les cultures intermédiaires à vocation énergétique (Cive), et de mobiliser davantage les effluents d’élevage et les résidus de culture pour la production de biométhane injecté. « Il convient de souligner l’intérêt du développement des cultures intermédiaires entre des cultures principales dans un objectif agroécologique, notamment en matière de stockage de carbone et de réduction des pertes d’azote. Leur développement devra toutefois tenir compte des conditions agronomiques et de la place des cultures intermédiaires à vocation énergétique dans les cycles culturaux », précise le texte.
L’ambition photovoltaïque revue à la baisse
Si la PPE3 met fait de l’électrification une priorité, elle ne mise pas uniquement sur les énergies renouvelables et replace le nucléaire au centre de l’échiquier. Le photovoltaïque est donc freiné dans son élan. Le rythme de capacités à attribuer ou à contractualiser pour le développement du photovoltaïque ne pourra pas excéder 2,9GW par an d’ici à 2028. Il sera ensuite a priori de 5GW/an mais pourra être ajusté, à la hausse ou à la baisse, en tenant compte notamment des pré- visions d’évolution de la consommation d’électricité et de développement des flexibilités, afin d’assurer une contribution optimale à l’équilibre offre-demande. La répartition pressentie entre les types d’installations serait la suivante :
- 41 % sur petites et moyennes toitures ;
- •5 % sur petites installations au sol
- 54 % sur grandes installations, correspondant à 38 % au sol et à 16 % sur toiture.
Des appels d’offres Pour contribuer aux objectifs ci-dessus, il est prévu à titre indicatif de lancer les procédures de mise en concurrence suivantes pour le photovoltaïque après 2028. Pour le photovoltaïque au sol, la PPE3 prévoit deux appels d’offres par an, à hauteur d’environ 1 GW par période (hors renouvellement). Pour le photovoltaïque sur bâtiment, trois appels sont envisagés chaque année, à hauteur d’environ 300 MW par période (hors renouvellement). Ces volumes pourront être ajustés selon les évolutions apportées aux autres dispositifs de soutien. Pour le petit photovoltaïque sur bâtiment (100-500kWc) : le gouvernement prévoit plusieurs périodes par an, à hauteur de 1,4 GWc par an au total. Ce volume pourra être ajusté selon les évolutions apportées aux autres dispositifs de soutien.
L’agrivoltaïsme dans le flou
« La part exacte de l’agrivoltaïsme dans cet objectif reste à affiner, en fonction des possibilités de déploiement de ces installations, des autres installations photovoltaïques et des besoins du monde agricole », précise la PPE3. Les projets seront soutenus par l’intermédiaire des appels d’offres photovoltaïque au sol et photovoltaïque sur bâtiment, ou par un appel d’offres spécifique, dont la puissance viendra en déduction de celle allouée aux appels d’offres précédents.