Les heures de la cogénération sont comptées, le gouvernement privilégiant l’injection du biogaz dans le réseau. L’arrêté du 8 septembre 2025 abroge officiellement l’arrêté du 13 décembre 2016 (dit BG16), qui encadrait le tarif d’achat de l’électricité produite par cogénération à partir de biogaz sur des installations de moins de 500 kW.

Cela signifie que plus aucun nouveau contrat de rachat d’électricité au tarif BG16 ne pourra être signé à l’avenir. Il n’y a donc plus d’intérêt économique à monter un méthaniseur en cogénération. Afin d’encourager la conversion de ceux qui exploitent des unités en cogénération, l’arrêté ministériel du 8 septembre 2025 prévoit une exemption de pénalité de résiliation anticipée des contrats de cogénération en cas de conversion à l’injection.

Dans ce cas, le méthaniseur peut valoriser le biogaz injecté au tarif d’achat réglementé ou via un mécanisme de gré à gré de type CPB (certificat de production de biogaz). Néanmoins, pour ceux qui sont trop loin du réseau et d’un point d’injection, le portage est l’une des seules solutions envisageables.

Une capacité de 500 kW

C’est le cas aussi des petites unités de moins de 250 Kwé (KiloWatt électrique), pour qui la conversion s’avère trop coûteuse. Mais une nouvelle voie émerge, celle des centrales électriques réversibles.

Présentées sous forme de container, ces unités sont des centrales électriques réversibles dont la capacité peut atteindre 500 kW. L’allemand Reverion possède la technologie la plus avancée. Son module est conçu pour remplacer la centrale de cogénération.

En fonctionnement normal, le biogaz du méthaniseur est utilisé pour produire de l’électricité, via une pile à combustible. Cette électricité peut être injectée dans le réseau, autoconsommée ou même revendue à des riverains. Quand la demande pour l’électricité ou le prix ne sont pas au rendez-vous, l’unité Reverion est basculée et elle produit de l’hydrogène à partir d’eau et d’électricité.

Produire du méthane de synthèse

Elle récupère ensuite le C02 issu du biogaz pour produire du méthane de synthèse. Ce dernier peut être commercialisé par portage ou avec une station à la ferme. A priori, cette solution permet de contourner l’obligation d’obtenir une certification RED, nécessaire lorsque le biométhane est vendu hors tarif d’achat, notamment via les mécanismes de BPA. L’exploitant évite également toute l’étape d’épuration du biogaz.

Avec le dispositif Reverion, il est possible de basculer de la production d’électricité à la production de gaz et vice versa en quelques minutes. (© Reverion)

Selon son concepteur, le rendement électrique de la centrale Reverion dépasse 70 %, ce qui est nettement supérieur à celui d’une unité de cogénération classique, qui est d’environ 40 %. En revanche, le rendement thermique est très nettement inférieur. La production de chaleur est juste suffisante pour le fermenteur.

Le dispositif est pour le moment commercialisé uniquement en Allemagne, qui compte une grande majorité d’unités en cogénération mais ses concepteurs envisagent de se développer dans le reste de l’Europe.