Damien Van Isacker fait partie des 26 agriculteurs partenaires de la centrale biogaz du Vermandois, implantée à Eppeville dans la Somme et exploitée par Engie Gaz renouvelables. Le site a fêté ses dix ans le 15 janvier 2026, en présence d’une centaine de partenaires.

Installé à Flavy-le-Martel, dans l’Aisne, Damien cultive 200 hectares de blé, betteraves, colza, lin, pommes de terre et légumes industriels. Il a rejoint le méthaniseur collectif en 2023 et fournit 100 tonnes de paille par an à la centrale biogaz. En contrepartie, il récupère 1 000 t par an de digestat liquide riche en NPK. « Le digestat est épandu sur les blés au printemps ou à l’automne après déchaumage, via un prestataire pour un coût de 3 €/t, explique l’agriculteur. Ce prix est stable et il est compensé par les économies réalisées sur les engrais minéraux. » L’an dernier, Damien a aussi épandu du digestat solide riche en matière organique sur ses chaumes.

Davantage de visibilité

Il était pourtant réticent au début envers la méthanisation. « Je ne voulais pas m’engager dans un projet reposant sur seulement quatre ou cinq agriculteurs, contraints de produire trois cultures en deux ans pour l’alimenter. Avec la centrale d’Eppeville, l’approche est différente et donne davantage de souplesse sur mon exploitation. Elle sécurise la partie fertilisation, ce qui me donne plus de visibilité. »

Au total, la centrale est alimentée chaque année par 38 000 tonnes par an de matières organiques locales, d’origine agricole (30 %) et agroalimentaire. Une vingtaine d’industriels fournissent des sous-produits, parmi lesquelles Mousline, Tereos et Bonduelle. Ces trois entreprises sont regroupées au sein d’un GIE (Groupement d’intérêt économique), piloté par la chambre d’agriculture de la Somme. Le méthaniseur d’Eppeville produit 30 GWh de biométhane par an, soit l’équivalent de la consommation en gaz d’environ 2 500 foyers. Chaque année, 12 000 à 13 000 tonnes de digestats sont épandues sur près de 6 000 ha.