Selon l’AGPB (1) et le Copa-cogeca (2), la Commission européenne a annoncé le 16 novembre 2021 ouvrir une enquête au sujet des droits à l’importation appliqués aux engrais azotés à l’échelle de l’Union. Le Copa-Cogeca explique que l’objectif est de « déterminer l’impact réel de ces droits antidumping ». Ces syndicats ont salué cette initiative le 18 novembre 2021 par communiqué, tout en précisant qu’ils attendaient des mesures concrètes.

 

La flambée des prix des engrais de ces derniers mois a ravivé leurs revendications : ils demandent la levée des droits de douane et des taxes sur les importations d’engrais.

Le Copa-cogeca ainsi que les associations spécialisées de la Coordination rurale et de la FNSEA portent ces demandes.

Mobilisation du ministre

Cette ouverture d’enquête fait suite à une intervention de Julien Denormandie, ministre de l’Agriculture, lors du conseil européen du 15 novembre 2021. À l’occasion d’une séance de questions et réponses au Gouvernement deux jours plus tard au Sénat, le ministre de l’Agriculture a d’ailleurs fait un point sur les opérations menées vis-à-vis de la thématique des engrais azotés.

 

 

Outre le fait d’avoir « mis le sujet sur la table » à Bruxelles, Julien Denormandie a déclaré : « Nous avons, depuis plusieurs semaines, beaucoup travaillé avec l’ensemble des filières pour mettre en place un plan d’approvisionnement » en France. Florence Nys, déléguée générale de l’Union des industries de la fertilisation (Unifa), soulignait, le 3 novembre 2021, la « volonté des pouvoirs publics de sécuriser la filière ».

 

« Si ma crainte est très forte sur le marché national, elle est immense à l’internationale », a déclaré Julien Denormandie. Il a indiqué avoir sollicité l’Organisation pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), estimant qu’une « mobilisation mondiale » est nécessaire pour éviter une crise alimentaire.

Souveraineté nationale

Le ministre de l’Agriculture a également précisé que, « avant même la crise », le gouvernement avait annoncé investir dans les filières des engrais dans le cadre de France 2030, pour « regagner notre autonomie de production ».

 

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(1) Association générale des producteurs de blé.

(2) Syndicats représentant agriculteurs et coopératives européens.