Les présidents de l’AGPB, Éric Thirouin, de l’AGPM, Daniel Peyraube, de la CGB, Franck Sander, et de la Fop, Arnaud Rousseau, (1) appellent dans un communiqué de presse daté du 21 octobre 2021 à une prise de conscience au niveau français et européen au sujet du prix des engrais azotés.

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Triplement des prix et risque de pénurie

Les quatre associations spécialisées de la FNSEA rappellent que depuis un an, les prix de l’azote ont triplé et que « de jour en jour, les risques de pénurie en France se précisent. À ce stade, le surcoût pour l’agriculture française pourrait atteindre 4 milliards d’euros, sans tenir compte de la hausse des autres charges, notamment le coût du gaz nécessaire au séchage du maïs. »

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Elles réclament « une levée immédiate et temporaire des barrières tarifaires à l’importation des engrais azotés pour sécuriser leur capacité d’approvisionnement », et demandent que soient décidées de toute urgence des « mesures d’accompagnement face à ce surcoût pour des milliers d’exploitations ».

Inquiétudes pour le printemps prochain

Les agriculteurs sont en effet d’autant plus inquiets qu’ils rencontrent actuellement des difficultés à s’approvisionner en engrais en prévision du printemps prochain (période d’utilisation), les positionnant dans une situation de grande incertitude par rapport aux mois à venir.

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Cette situation vient aussi se greffer à une forte hausse de l’ensemble des engrais phosphatés et potassiques, du gaz utilisé pour sécher la récolte de maïs qui débute (à point d’humidité constant, de l’ordre de 15 % par rapport à 2020) ou encore des carburants nécessaires au travail agricole.

40 000 € pour une exploitation moyenne

« C’est ainsi l’ensemble de nos moyens de production qui est durement affecté. L’impact économique pourrait dépasser 40 000 € sur la campagne pour une exploitation moyenne de grandes cultures », appuient les syndicats.

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Les producteurs de grandes cultures rappellent qu’ils doivent aussi vendre leurs productions au prix mondial sur un marché ouvert, alors qu’ils achètent les engrais sur un marché européen protégé par des droits de douane et des taxes antidumping. « Cette situation, profondément injuste en temps ordinaire, devient aujourd’hui insupportable », concluent-ils.

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Céline Fricotté

(1) Association générale des producteurs de blé et autres céréales ; Association générale des producteurs de maïs ; Confédération générale des planteurs de betteraves ; Fédération française des producteurs d’oléagineux et de protéagineux.