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Trois défis des industries de la fertilisation

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Moyen et long terme - Trois défis des industries de la fertilisation
L’Unifa souhaite réduire les émissions de gaz à effet de serre en lien avec l’utilisation des engrais tout en maintenant leurs valeurs nutritionnelles. © Jean-Michel Nossant

Diminuer les émissions de gaz à effet de serre, réduire la dépendance au gaz… L’Union des industries de la fertilisation (Unifa) travaille sur plusieurs challenges à moyen et long terme.

Outre le maintien de la production dans un contexte de forte hausse du prix du gaz, l’industrie de la fertilisation doit répondre à plusieurs défis sur le moyen et long terme.

  1. Répondre aux objectifs de la loi Climat et résilience

    « Un gros travail va être engagé » pour répondre aux ambitions de la loi Climat et résilience, indique Florence Nys, déléguée générale de l’Unifa (Union des industries de la fertilisation). Publiée au Journal officiel le 24 août 2021, celle-ci fixe notamment des objectifs de réduction d’émissions de gaz à effet de serre par le secteur agricole. Un volet spécifique détaille un plan d’action sur la réduction des émissions de protoxyde d’azote liées aux engrais.

    Pour l’Unifa, la priorité est de s’assurer de travailler le sujet « tout en maintenant la valeur nutritionnelle des fertilisants ». Ce travail devrait aboutir à la coconstruction, avec les acteurs du monde agricole et les pouvoirs publics, d’une boîte à outils « opérationnelle et réaliste ».

    Florence Nys assure que l’Unifa a été fortement mobilisée pendant tout le processus de discussion du projet de loi pour expliquer les enjeux de la fertilisation azotée raisonnée. Elle estime que les délais imposés sont trop courts pour collectivement mettre en œuvre des solutions.

    Pour rappel, si les objectifs européens de réduction des émissions de gaz à effet de serre ne sont pas remplis pendant deux années consécutives, une redevance sur les engrais azotés minéraux pourrait voir le jour.

    > À lire aussi : Engrais : la loi climat crée le plan Eco’Azot (20/07/2021)

  2. S’affranchir de la dépendance aux matières premières

    Les industries de la fertilisation travaillent pour faire face à la « forte pression de la mondialisation » sur les marchés des engrais en général. « Face à la volatilité des prix, nous dialoguons aujourd’hui avec les pouvoirs publics sur des leviers d’amortissement sur du long terme, à l’horizon de 10 ou 15 ans », explique Florence Nys.

    L’objectif est de pouvoir réduire la pression de la mondialisation, et de « s’affranchir de nos dépendances sur les matières premières quand cela est possible ».

    L’industrie de la fertilisation concentre pour l’heure ses efforts sur la décarbonation de la filière, une problématique qui en est à ses débuts. L’objectif est de trouver des alternatives à l’utilisation du gaz naturel pour la production d’ammoniac (lire l’encadré). « La technologie est présente, mais la mise en œuvre et le prix sont encore à définir », estime Florence Nys.

  3. Investir dans les biostimulants

    Autre challenge, celui du marché des biostimulants, « en pleine expansion » selon l’Unifa. « Ce sont des produits issus des biotechnologies qui demandent des investissements dans la recherche et le développement pour aller toujours plus loin dans la performance agroécologique », déclare Florence Nys.

    À l’échelle mondiale, les biostimulants représentent un chiffre d’affaires de 2 milliards d’euros, dont 500 millions d’euros sur le marché européen.

Hélène Parisot
De l’hydrogène « vert »

L’ammoniac (NH3), composant principal des engrais azotés, s’obtient par combinaison de l’azote de l’air (N2) et de l’hydrogène (H2). Cet hydrogène provient actuellement du gaz naturel (méthane, CH4).

Il est possible de produire de l’hydrogène par électrolyse de l’eau : cette technique consiste à décomposer l’eau (H2O) en dioxygène (O2) et dihydrogène (dit hydrogène : H2). L’intérêt de cette méthode est qu’aucun atome de carbone n’est en jeu : l’hydrogène produit est dit « décarboné » ou « vert ». Les émissions de gaz à effet de serre en lien avec cette technique sont celles qui concernent la production de l’électricité nécessaire au processus d’hydrolyse.

L’Unifa estime pour l’heure que le coût structurel de la production d’hydrogène par électrolyse est 3 à 4 fois plus cher que la production d’hydrogène par vaporeformage du méthane, procédé actuellement utilisé.

L’hydrogène peut aussi provenir d’une unité de méthanisation, mais les volumes en jeu ne sont pas suffisants au regard des besoins des industriels, explique l’Unifa.

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