Quelque 80 « faucheurs volontaires » d’OGM ont pénétré par effraction le 10 novembre 2021 dans un site du groupe semencier RAGT à Calmont (Aveyron), éventrant des sacs contenant plusieurs tonnes de semences de tournesol qu’ils considèrent illégales.

 

Brandissant des drapeaux des « faucheurs volontaires » et portant une pancarte indiquant « inspection citoyenne en cours », ils ont mélangé ces graines de tournesol avec du maïs afin de les rendre inutilisables.

 

Ces militants venus de l’Occitanie — mais aussi d’autres régions françaises, selon les « faucheurs » — ont ensuite quitté le hangar sans incidents, sous l’œil d’une dizaine de gendarmes qui venaient d’arriver.

 

« Au sens juridique, au niveau européen et du Conseil d’État, ce sont bien des OGM, quoi qu’en disent le ministre de l’Agriculture, le Premier ministre ou le président de la République », a déclaré à l’AFP l’un de ces « faucheurs », le Toulousain Jacques Dandelot.

 

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Plainte déposée

« Il n’est plus supportable que ces individus agissent ainsi en toute impunité », a réagi le même jour le semencier visé, dans un communiqué de presse. « RAGT s’inscrit totalement en faux contre les allégations de ses agresseurs. Rappelons qu’il y a à peine quelques heures, le Conseil d’État renvoyait le dossier de la mutagenèse à la Cour européenne de justice en lui demandant de trancher le débat, de définir ce qu’est une « technique de mutagenèse traditionnellement utilisée pour diverses applications et dont la sécurité est avérée depuis longtemps », écrit le groupe aveyronnais, qui a porté plainte. Le semencier a déjà été la cible en août dernier de la destruction d’une parcelle de semences de tournesol VRTH (variété rendue tolérante aux herbicides).

 

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Et Laurent Guerreiro, directeur général, d’insister : « Ce que nous faisons est totalement légal, martèle Laurent Guerreiro, le directeur général de RAGT Semences. Une entreprise centenaire comme RAGT a toujours suivi et suit la réglementation au pied de la lettre. Agir autrement serait complètement suicidaire de notre part. Pour des raisons qui nous échappent totalement, ces individus se plaisent à être des marchands de peur. »

 

Encore une fois 80 énergumènes se sont introduits par effraction dans nos bâtiments pour détruire des semences qui auraient pu servir des agriculteurs pour 4000 hectares !
27ème action contre RAGT, 17ème destruction. Pas un seul procès, pas une seule condamnation !
Honte!

— Tabel Claude (@ClaudeTabel) November 10, 2021

 

« Une nouvelle fois, la FNSEA appelle l’État et la Justice à réagir vigoureusement à cette multiplication d’actions violentes et illégales », a indiqué le syndicat agricole dans un communiqué de presse paru le 12 novembre 2021. La FNSEA dénonce également « fermement les messages de ces marchands de peur ».

Réflexion de fond urgente

« Certains d’être les seuls à défendre l’intérêt général, ils font circuler des fake-news et des mensonges pour créer un climat de suspicion et d’opposition chez les citoyens. Ils bannissent l’idée même de progrès en niant que la science peut être au service des transitions agroécologiques pour une agriculture plus durable dans un contexte de changement climatique. […] », dénonce la FNSEA, qui appelle « solennellement le gouvernement et le Parlement à une réflexion de fond urgente pour lutter, par des voies législatives et juridiques, contre ce type de propagande insidieuse et dangereuse ».

 

Quant au collectif Marre des faucheurs, il souligne « la radicalisation sans limite de quelques militants jusqu’au-boutistes ». « Cette nouvelle action des faucheurs est une action violente de trop. Pour le collectif Marre des Faucheurs, il est temps de mettre un terme à cette délinquance qui frappe les agriculteurs depuis trop longtemps et dans l’indifférence. La violence dans les champs, ça suffit ! », exprime le collectif dans un communiqué de presse publié également le 12 novembre 2021.