Les dégâts de la faune sauvage, ou ESOD (espèces susceptibles d’occasionner des dégâts), sur les cultures et les élevages sont de plus en plus nombreux et impactent chaque année les exploitations agricoles.

 

Face à la récurrence de ces dégâts, Chambres d’agriculture France a donc décidé de créer une application permettant aux agriculteurs de faciliter leur signalement.

Origine du projet

L’idée d’une telle application est d’abord venue de la chambre d’agriculture de la Haute-Vienne. Le but était alors de proposer une solution pour simplifier la procédure administrative de déclaration des dégâts d’ESOD (hors grands gibiers).

 

Ne concernant que le département de la Haute-Vienne, plusieurs autres départements comme la Dordogne et l’Hérault ont ensuite décidé de suivre le pas. Fortement touchés par les dégâts de gibiers, l’objectif pour ces départements était d’avoir une meilleure connaissance de l’impact de la faune sauvage sur l’activité agricole pour de mieux défendre et accompagner les agriculteurs.

 

Pour Alexis Soiron, chargé de mission en biodiversité et faune sauvage pour Chambres d’agriculture France, cette application est née d’un réel besoin de recensement des dégâts d’ESOD, d’une part, et de collecte des données à l’échelle du territoire français, d’autre part.

 

« Aujourd’hui, il n’existe pas de base de données nationale sur les dégâts d’ESOD, d’où l’utilité de développer un outil national pour recenser ces dégâts », explique Alexis Soiron, interrogé par La France Agricole.

Un outil pour collecter et centraliser les données

Développée et financée par Chambres d’agriculture France, cette solution sur smartphone permet de géolocaliser, photographier et caractériser simplement les dégâts constatés. Les photos prises sur les exploitations agricoles pourront ainsi être transmises très facilement via l’application.

 

« Ces divers signalements permettront également d’enrichir une base de données scientifique relative à la pression de la faune sauvage sur les cultures et les élevages et serviront de base aux différentes mesures à mettre en place pour en minimiser l’impact », indique Chambres d’agriculture France.

 

« Les données récoltées au niveau départemental seront ensuite collectées et centralisées au niveau national par Chambres d’agriculture France et permettront une liaison avec les différents instituts de recherche et ministères concernés », précise Alexis Soiron.

 

Toutefois, cet outil n’a pour l’instant pas une valeur de déclaration mais permet de faciliter la procédure d’indemnisation auprès de la fédération de chasse. De plus, les données valides pourront servir à la DDT (direction départementale des territoires) pour établir le montant des indemnités en cas de déclaration.

Une application disponible à la fin d’août

L’application est pour le moment toujours en phase finale de test. Pour permettre la remontée des données d’agriculteurs touchés par des dégâts d’ESOD, celle-ci se veut simple d’utilisation, rapide et ergonomique.

 

Prénommée « Signalement des dégâts de la faune sauvage », cette application sera disponible sur les principales plateformes de téléchargement (IOS et Androïd) entre la fin d’août et le début de septembre.

 

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