C’est une première depuis 2002 : mardi 12 juillet 2022, la parité euro-dollar exacte (1,0000 euro est égal à 1,0000 dollar) a été brièvement atteinte, avant de légèrement remonter. Le 13 juillet 2022 vers 15h, il se situait à 1,0019, contre 1,1862 le 13 juillet 2021.

 

Quelles sont les conséquences pour le secteur céréalier français de l’effritement de l’euro-dollar pour le secteur céréalier observé ces dernières semaines ?

Des blés plus compétitifs

La baisse de la parité euro-dollar est synonyme de gain de compétitivité pour l’exportation français. « Le dollar est la monnaie de transaction sur la plupart des marchés agricoles à l’international », rappelle Marc Zribi, chef de l’unité du grains et du sucre de FranceAgriMer.

 

L’expert prend un exemple : la vente d’une tonne de blé français à 350 €/t rendu Rouen. Lorsqu’un euro vaut un dollar, elle peut mécaniquement se vendre 350 $/t sur les marchés internationaux. Lorsqu’un euro vaut 1,2 dollar, comme c’était le cas il y a un an, elle coûte 420 $/t. On parle ainsi ici d’un différentiel de compétitivité de 70 $ (20 %).

Revers de la médaille

À l’inverse, cette logique s’applique sur les produits importés, qui peuvent ainsi alourdir la facture. Pétrole, gaz naturel, engrais et autres matières premières sont également échangés en dollar à l’international. Par exemple, un baril de pétrole à 100 $ s’achetait 83 € lorsque l’euro-dollar était à 1,2.

 

Finalement, les avantages d’un euro faible l’emportent-ils sur les inconvénients ? Ce calcul complexe sera réalisé dans les mois qui viennent, « au fur et à mesure de la publication des statistiques douanières », précise Marc Zribi.

Deux appels d’offres égyptiens

Pour l’heure, les exportations françaises sont dynamiques : en juin et juillet 2022, la France a remporté deux importants appels d’offres lancés par l’Égypte, pour un total de 530 000 tonnes.

 

Si d’autres facteurs entrent en jeu (moindre compétitivité des blés russes soumis à une taxe à l’exportation, absence de l’Ukraine sur les marchés, coût du fret important pour les origines australienne ou américaine…), « la parité euro-dollar conforte la compétitivité des blés français », conclut Marc Zribi.