« Pour réussir ses couverts, il y a des choix judicieux à faire mais ils ne sont pas toujours simples à mettre en œuvre. » Nicolas Courtois, conseiller agricole indépendant au sein d’AC-Agro, s’exprimait ainsi lors d’une formation au profit d’adhérents de Bio Ariège-Garonne.

Le premier conseil est d’implanter ses couverts végétaux tout de suite après les moissons « dans les zones où il y a au moins 75 à 100 mm d’eau entre le 1er juillet et le 1er octobre. L’idée est de les semer au plus tôt, à 5 cm au moins de profondeur. » Dans les zones plus sèches, « il vaut mieux attendre le début de septembre et semer à des profondeurs classiques », reprend-il. Rouler les semis a ensuite son intérêt.

Une levée précoce permettra « d’emmagasiner des degrés-jours et d’essayer de démultiplier la biomasse au plus tôt, d’atteindre 5 à 10 tMS/ha dès Noël », prévient le technicien. Il estime toutefois qu’un couvert de 3 tMS/ha (soit « une culture à la hauteur de la table ») permet déjà de faire face aux mauvaises herbes et apporte de l’azote.

Un mélange de cinq plantes aux floraisons étalées

Pour assurer la réussite et limiter l’hétérogénéité intraparcellaire, la règle est de diversifier les mélanges. Les intercultures doivent contenir au moins cinq espèces aux précocités différentes et à 100 % de densité au moins, qu’il ne faut pas hésiter à amender en fertilisant organique. « De façon générale, détaille Nicolas Courtois, il faut une part importante de légumineuses (50 % environ), l’apport d’azote étant primordial en bio. » Cela assurera aussi un bon équilibre carbone et azote, dans la mesure où l’interculture est détruite au plus tard à pleine floraison, ce qui est incontournable.

Tout cela étant pris en compte, reste à étudier les mélanges. « Trois types de couverts suffisent, assure-t-il. Dans les trois, on peut mettre des plantes “passe-partout”, comme le niger ou la phacélie. Elles sont neutres dans la rotation et gélives. » Ensuite, on réfléchit en fonction de l’avenir de la parcelle « en s’interdisant de mettre dans le couvert la culture qui va suivre ». Avant des céréales d’automne, « on optera par exemple pour un sarrasin, qui pousse vite et se détruit avec le gel, et une vesce pourpre » ou un pois fourrager.

Avant des céréales de printemps ou un tournesol, en interculture plus longue, « je choisirais du sorgho et de la vesce commune de printemps. On cherche la durée mais quelque chose de gélif. Si on veut quelque chose qui ne soit pas gélif et fasse de la biomasse au printemps, on y ajoute du trèfle incarnat. » Enfin, le sorgho et l’avoine brésilienne, de même que le seigle, sont conseillés avant des protéagineux « qui se débrouillent plutôt bien sans azote ». « Je préfère choisir ces espèces pour optimiser la biomasse et pas forcément pour leurs caractéristiques contre l’érosion, par exemple », ajoute l’expert.