Les installations photovoltaïques soumises à la taxe Ifer (1) (puissance active maximale injectée au point de livraison de 100 kW ou plus) vont subir un nouveau tour de vis fiscal. La loi de finances de 2026 a prévu une hausse significative de cette taxe à partir de 2027 en ciblant les installations les plus anciennes. Son montant passera de 8,62 €/kW à 16,16 €/kW pour les centrales mises en service avant le 1er janvier 2021. Pour celles mises en service à partir de 2021, le taux reste à 3,588 €/kW. En principe, la disposition est temporaire jusqu’en 2029.

Une modification d’assiette en 2021

Ce n’est pas la première évolution que connaît cette taxe Ifer. Déjà en 2021, il y avait eu une modification de l’assiette de l’imposition. Depuis cette date, l’administration fiscale additionne les puissances de plusieurs installations appartenant à un même exploitant, situées sur un même lieu alors qu’elles étaient auparavant comptabilisées séparément.

Ainsi, un agriculteur qui possède trois centrales (8 kW mis en service en 2011, 90 kW en 2020 et 250 kW en 2023) paiera 2 999 € en 2026. En 2027, la facture grimpera à 5 623 €, soit près du double sachant qu’avant la modification de 2021, ces deux premières centrales auraient été exonérées d’Ifer (car d’une puissance active maximale injectée au point de livraison inférieure à 100 kW). Une augmentation qui pèsera directement sur la rentabilité de son investissement.

Un risque de « fragiliser économiquement beaucoup d’agriculteurs »

L’Apepha, l’association des producteurs d’électricité photovoltaïque agricole dénonce une décision contradictoire : « Cet alourdissement de la fiscalité va fragiliser économiquement beaucoup d’agriculteurs. On passe d’une politique d’encouragement à une politique de pénalisation. » L’association regrette « un manque de cohérence sur la durée autour d’une activité professionnelle qui n’a rien d’une rente et qui nécessite du courage, du temps et de l’argent ».

(1) Imposition forfaitaire sur les entreprises de réseaux.