Une chute de production de 1,54 million de tonnes de viande porcine européenne est attendue en 2035. Le 16 décembre 2025, la Commission européenne a révélé ses prévisions peu encourageantes pour la prochaine décennie 2025-2035, concernant la filière porcine.
Consommation et production amenées à décliner
Dans un contexte de préoccupations environnementales et sociétales grandissantes, la filière porcine ferait l’objet de nouvelles critiques de la part des consommateurs, en particulier les systèmes intensifs de production. À cela, s’ajouterait une perception défavorable de la viande porcine, jugée plus grasse par le consommateur. Cela pourrait se traduire par une baisse de la consommation. Au sein de l’Union européenne, la consommation de viande de porc devrait diminuer sur la période 2025-2035, passant de 23,3 kg par an à 21,8 kg par an et par habitant. Cette déperdition s’accompagnerait d’un recul des importations. Celui-ci serait toutefois relativement faible, à un rythme de 1,2 % par an.
Bien que la production de viande porcine ai progressé dans l’Union européenne entre 2024 et 2025 elle serait amenée à reculer dans les prochaines années. La mise en place de réglementations plus strictes au sein de l’Union concernant le bien-être animal et l’environnement, combinée à des opportunités d’exportation et une consommation moindre, contribuerait à une baisse de production. Ce déclin est estimé à 0,75 % par an sur la période 2025-2035. La Commission européenne précise que l’Allemagne, les Pays-Bas, la Belgique et la France seraient concernés par ce recul de production. À l’inverse, la production espagnole pourrait continuer de progresser, soulignant des disparités au sein de l’Union européenne.
L’Union européenne perd des parts dans l’exportation mondiale
La demande mondiale d’importation de viande porcine resterait globalement stable sur la période 2025-2035, autour des 10,5 millions de tonnes. Cependant, l’Union européenne perdrait des parts de marché dans les exportations mondiales de viande porcine, passant de 28,5 à 26 %. Comme en 2025, les exportations de viande porcine de l’Union européenne pourraient continuer de s’affaiblir à un rythme de 1 % par an, soit une chute de 280 000 tonnes d’ici 2035.
Ce phénomène s’expliquerait par l’amélioration des capacités de production dans certains pays historiquement importateurs, en particulier la Chine et le Vietnam. Le Royaume-Uni pourrait détrôner la Chine et devenir la plus grande destination des exportations de viande porcine de l’Union européenne. En revanche, d’autres pays d’Afrique et d’Asie pourraient augmenter leurs importations.
Les prix de la viande porcine dans l’Union européenne devraient se maintenir autour de 2 000 € la tonne, un niveau toutefois supérieurs aux coûts de production brésiliens et canadiens. Dans ce contexte, la concurrence sur les marchés asiatiques entre l’Union européenne et d’autres pays exportateurs comme les États-Unis, le Canada et le Brésil pourrait s’intensifier, accentuée par le ralentissement de la demande chinoise.
Une prévision plus réjouissante se dessine toutefois dans les prévisions de la Commission européenne. Aucun foyer majeur ou incontrôlé de la peste porcine africaine n’est attendu sur la prochaine décennie.