« C'est vraiment (...) un bilan qui ne fait pas de vagues », résume auprès de l'AFP Damien Vercambre, du cabinet Inter-Courtage. À l'échelle mondiale, le ministère américain de l'Agriculture (USDA) ne révise, dans son rapport Wasde, qu'à la marge les stocks de fin de campagne de blé (–55 000 tonnes par rapport au mois dernier) et de soja (–20 000 tonnes). Du côté du maïs, en revanche, les réserves devraient être plus importantes qu'attendu lors du précédent rapport.

Le ministère s'attend à ce que 3,77 millions de tonnes supplémentaires soient stockées, en raison « d'une révision des réserves de départ, mais surtout d'une augmentation de la production mondiale », explique à l'AFP Gautier Le Molgat, PDG d'Argus Media France. L'USDA a ainsi gonflé ses prévisions de récolte de 2,7 millions de tonnes d'un mois à l'autre.

Gautier Le Molgat note une « progression des volumes au Brésil, qui compense parfaitement la baisse de production en Argentine », ainsi qu'une « révision de la production en Ukraine ». Mais ces éléments étaient déjà prévus par le marché, selon lui. « Du côté américain, il n'y a rien qui change dans les stocks de report », qu'il s'agisse du blé, du maïs ou du soja, remarque Damien Vercambre. 

Seules les importations américaines de soja sont légèrement revues un peu à la hausse, mais les perspectives d'exportations restent stables, à 42,86 millions de tonnes pour la campagne en cours.

« On sait très bien que c'est aujourd'hui le Brésil qui va faire les exportations » mondiales de soja, note DamienVercambre, profitant d'un oléagineux moins cher que les Etats-Unis.« Il n'y a pas d'élan à attendre de ce bilan, donc (le marché) laisse la main à la géopolitique, comme depuis une bonne semaine », conclut l'analyste.