« Cette année, des producteurs ont, contraints et forcés, réorienté la destination de leurs pommes de terre », explique Luc Chatelain, le président du Comité national interprofessionnel de la pomme de terre (CNIPT), interrogé par La France agricole lors du salon de l’Agriculture, le 23 février 2026.
Parmi ces débouchés, la méthanisation ou encore l’alimentation animale, des voies « sans valorisation », estime ce dernier, qui craint qu’elles ne soient « pas suffisantes » pour absorber l’excédent de volume produit en 2025. Selon le CNIPT, sur les 8,6 millions de tonnes de pommes de terre récoltées en 2025-2026, près d'un million de tonnes se retrouve sur le marché libre et sera « difficile à écouler ». Et ce, malgré un « excellent score » à l’export depuis deux ans, avec notamment + 8 % sur un an lors de la dernière campagne.
Une plateforme pour le débouché en alimentation animale
Face à cette situation, l’Union nationale des producteurs de pommes de terre (UNPT), la Fédération nationale bovine (FNB) et la Fédération nationale des producteurs de lait (FNPL) ont lancé, le 23 février 2026 au Salon de l’agriculture, une plateforme nationale de mise en relation entre producteurs de pommes de terre et éleveurs bovins.
Celle-ci vise à organiser la valorisation « ponctuelle » de volumes déclassés vers l’alimentation animale. « Plutôt que de laisser ces flux alimenter des circuits de dévalorisation ou de destruction, les filières ont fait le choix d’une solidarité agricole directe, structurée et responsable », indiquent les trois associations spécialisées de la FNSEA par communiqué.
La mise en relation via la plateforme est « gratuite, sans commission ni frais », assure l’UNPT. Elle est ouverte à tous les producteurs et éleveurs de France, sans engagement de durée ni obligation de volume. Les transactions sont ponctuelles et encadrées par un « contrat type » validé par l’UNPT, la FNB et la FNPL, informent les organisations. « Des transporteurs recommandés pourront être mobilisés afin de sécuriser les flux et de garantir un cadre professionnel », ajoutent-elles.