Selon Vincent Guérin, de l’Association nationale pommes poires (ANPP), le marché de la pomme de table est de 86 000 tonnes en 2019, dont 9 000 tonnes d’importation. 5 500 hectares sont certifiés en 2019 et 3 600 sont en conversion, soit une augmentation de 66 % en trois ans. La consommation progresse (+ 6,8 % par an), mais pas aussi rapidement que la production. « Nous sommes face à deux rythmes avec des risques de surproduction », indique l’expert.

Cet avis est partagé par Philippe Sfiligoï, secrétaire national fruits de la Fédération nationale de l’agriculture biologique (Fnab), dont la crainte est de voir des producteurs ne préparant pas le marché en amont, le résultat étant une déstabilisation de ce dernier. « Il ne faut pas aller trop vite et construire avec la filière », conseille-t-il.

Vincent Guérin estime que les solutions sont dans le soutien à la consommation, le développement de la demande chez les transformateurs, le ciblage de variétés adaptées et le marché de l’export. Du côté de la Fnab, un travail est engagé pour construire un prix de revient moyen tenant compte de la variabilité de la production. « Nous sensibilisons la filière et les producteurs à ce calcul », précise Philippe Sfiligoï.

C.  Salmon et S. Bergot