« La question de l’eau, pour moi, elle est essentielle », affirme Julien Denormandie, le ministre de l’Agriculture lors d’une interview accordée à La France Agricole le 26 novembre 2021 et dont l’intégralité sera publiée demain, le mercredi 1er décembre 2021, sur Lafranceagricole.fr.

« Ce Varenne de l’eau et du changement climatique, c’est un cycle de solutions, pas de discussions, insiste le ministre. D’abord sur la question de l’assurance récolte, dont je vais présenter le projet de loi en conseil des ministres ce 1er décembre. Ensuite sur la question de plans d’adaptation et de prévention de nos filières agricoles face au changement climatique. »

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Avec méthode et détermination

« Les conflits d’usage de l’eau, ça existe depuis toujours, poursuit Julien Denormandie. Il faut les prendre avec méthode, mais aussi avec détermination. […] C’est-à-dire qu’il faut le faire dans la concertation. Mais une concertation, ça ne peut pas durer 10 ans. Une concertation, ça doit durer un certain temps, puis vient le temps de la décision. »

« Et ensuite les décisions, elles doivent être respectées, d’autant plus que la concertation a eu lieu. Et à ce titre, je condamne très fermement les dégradations qui ont pu avoir lieu à la fois en Charente-Maritime et dans le département des Deux-Sèvres. »

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Une concertation, ça ne peut pas durer 10 ans.Julien Denormandie, ministre de l’Agriculture et de l’Alimentation

Le stockage de l’eau peut créer un consensus

« Moi, j’ai un sujet que j’ai mis sur la table dans le cadre de ce Varenne, c’est ce qu’on appelle les pluies diluviennes hivernales. Ces pluies diluviennes, elles seront de plus en plus fortes. Si on les capte alors que le sol est gorgé d’eau, je suis intimement convaincu que nous avons la possibilité de créer un consensus autour de cela. »

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Julien Denormandie, ministre de l’Agriculture du gouvernement d’Emmanuel Macron, interviewé par les journalistes de La France Agricole : Marie Salset, Alexis Marcotte et, à la vidéo, Renaud d’Hardivilliers. © Cédric Faimali/GFA

« Revenir à l’essentiel, c’est toujours convenir qu’il ne sera pas possible de faire de l’agriculture sans eau. Certes, ce sont des sujets complexes, mais ce n’est pas parce que c’est complexe qu’il faut le mettre sous le tapis. »

Il ne sera pas possible de faire de l’agriculture sans eau.Julien Denormandie, ministre de l’Agriculture et de l’Alimentation

La solidarité nationale doit intervenir dans l’assurance récolte

« La réforme de l’assurance récolte repose sur deux piliers. D’abord, un premier pilier, c’est de dire que la solidarité nationale est nécessaire pour permettre aux agriculteurs de se couvrir contre les risques climatiques. Le deuxième pilier, c’est d’avoir un système qui soit accessible aux agriculteurs. Aujourd’hui, très peu d’agriculteurs disposent de contrat d’assurance récolte parce que le dispositif n’est pas assez accessible. »

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Propos recueillis par Renaud d’Hardivilliers