Lutter contre les « importations toxiques et déloyales ». « Il est complètement anormal de constater que des limites maximales de résidus (LMR) pour des produits dont l’utilisation est interdite en Europe en raison de leur dangerosité sont fixées à des valeurs pouvant atteindre 50 fois le seuil par défaut », dénonce Bernard Lannes, président de la Coordination rurale, dans un communiqué du 28 mai 2020.

En cause, les produits importés des pays tiers qui ne sont pas fabriqués dans les mêmes conditions que dans l’Union européenne. Le syndicat demande une « égalité de moyen » pour les agriculteurs européens. Dans une lettre adressée à la Commission européenne, la Coordination rurale exhorte l’institution à « mener rapidement une réflexion sur les moyens juridiques à mettre en œuvre au niveau européen pour lutter contre ces importations toxiques et déloyales ».

Exception agriculturelle

Le syndicat dénonce « une incohérence totale » entre la politique commerciale et la politique agricole de l’Union européenne, avec la signature de traités de libre-échange comme le Ceta qui ne reconnaissent pas le caractère « exceptionnel » de l’agriculture. « Les produits importés ne respectent pas nos normes de production », s’insurge le syndicat. Et de citer plusieurs exemples, comme le chlortalonil, un fongicide, ou le thiaméthoxame, un insecticide « encore autorisés aux États-Unis, au Canada ou au Brésil » ou pour l’élevage l’avilamycine, antibiotique utilisé hors de l’Union européenne comme activateur de croissance.

La Coordination rurale demande :

  • L’application immédiate de l’article 44 des EGA, qui interdit l’importation de produits agricoles qui ne sont pas produits avec les mêmes contraintes que dans l’Union européenne ;
  • La mise en place d’une TVA sociale pour faire « participer les produits importés au financement de la protection sociale ». « Pour un agriculteur français, cela revient à diviser par deux le coût du travail ou à pouvoir embaucher deux salariés pour le coût d’un seul », argumente la Coordination rurale ;
  • L’application immédiate de protections douanières tarifaires et non tarifaires.

> À lire aussi : Distorsion de concurrence, la Coordination rurale demande le soutien des députés (04/02/2020)

Le projet de la Pac doit « réhabiliter la préférence communautaire » et permettre de tendre vers « une harmonisation européenne des normes environnementales, fiscales et sociales », conclut le syndicat.

À lire aussi : Pacte vert, les stratégies Farm to fork et Biodiversité ne convainquent guère (22/05/2020)

Marie Salset