La caisse régionale de Crédit Agricole des côtes d’Armor vient de nouer un partenariat avec l’association France Carbon Agri (FCAA). Il porte sur l’achat de 5 000 tonnes de crédits carbone pour une période de cinq années au prix de 30 €/t pour l’éleveur.

La banque a choisi de travailler avec France Carbon Agri, créé en 2019 par les représentants des éleveurs pour faciliter la mise en place des projets agricoles de réductions d’émissions de gaz à effet de serre (GES). Cette démarche a été validée par le label bas carbone délivré par le ministère de la Transition écologique.

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Première caisse de Crédit Agricole

« Premier partenaire de l’agriculture costarmoricienne, nous voulons soutenir les efforts de transition des éleveurs », a expliqué Olivier Desportes, président du Crédit Agricole des Côtes-d’Armor à l’occasion d’une conférence de presse le 26 janvier 2022 à Ploufragan.

Il ne s’agit pas pour la banque de compenser ses émissions carbone (5 000 tonnes équivalent à 10 % de ses émissions), mais d’accompagner les agriculteurs costarmoriciens dans l’évolution de leurs pratiques pour émettre moins de gaz à effet de serre et augmenter la séquestration du carbone. Ce soutien s’inscrit dans la démarche RSE de l’entreprise. C’est la première caisse de Crédit Agricole à le faire.

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Marie Thérèse Bonneau, présidente de France Carbon Agri, et Olivier Desportes, président du Crédit Agricole des Côtes-d’Armor, ont annoncé le partenariat le 26 janvier au Village by CA à Ploufragan (de gauche à droite : Mélaine Nugues (FCAA), Marie-Thérèse Bonneau (FCAA), Olivier Desportes (Crédit Agricole des Côtes-d’Armor), Olivier Pian (éleveur 22), Michèle Guibert (directrice du Crédit Agricole des Côtes-d’Armor), Roselyne Le Corre (Crédit Agricole des Côtes-d’Armor). © I. Lejas

Diagnostic et plan d’action

Olivier Pian, producteur laitier en agriculture biologique à Yvignac-la-Tour, fait partie des premiers éleveurs du département à en bénéficier. Il a réalisé un diagnostic Cap2ER, état des lieux de la situation et validé un plan d’action. Au bout des cinq années, son gain potentiel de carbone est estimé à 700 tonnes de CO2 (dioxyde de carbone).

Parmi les actions mises en place sur l’exploitation pour réduire les gaz à effet de serre :

  • Un arrêt des achats d’engrais minéraux et de concentrés pour les vaches laitières ;
  • L’autonomie protéique du troupeau avec la mise en place de prairies à base de légumineuses et de céréales et protéagineux ;
  • L’optimisation du renouvellement.

L’augmentation des surfaces de prairies et l’implantation d’un kilomètre de haies vont permettre d’améliorer le stockage du carbone dans les sols. « C’est la suite logique de ma conversion en bio en mai 2019. J’apporte une petite contribution à la lutte contre le réchauffement climatique », a témoigné l’éleveur, qui y voit aussi « un levier de performances économiques ».

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Un troisième appel à projets

Avec ce partenariat, l’association France Carbon Agri poursuit sa montée en puissance. Près de 1 300 producteurs ont déjà répondu aux deux premiers appels à projets. L’association devrait lancer un troisième appel à projets à l’occasion du Salon de l’agriculture à la fin de février à Paris.

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Isabelle Lejas