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Des crédits carbone à revendre

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Environnement - Des crédits carbone à revendre
« Les changements de ration (luzerne, colza) vont permettre une baisse des émissions », explique Laurent Thiébot, éleveur laitier avec son frère à Piré-sur-Seiche. © I. Lejas

En Ille-et-Vilaine, avec son groupe Ceta, Laurent Thiébot travaille sur la réduction de son empreinte carbone pour revendre des crédits carbone.

Quelque 887 tonnes de dioxyde de carbone (CO2), c’est le gain potentiel de carbone que le Gaec Thiébot, à Piré-sur-Seiche (Ille-et-Vilaine), devrait dégager sur cinq ans en mettant en œuvre des mesures pour réduire ses émissions de gaz à effet de serre (GES) et en stockant du carbone.

> À lire aussi : 10 millions d’euros d’aides pour faire des bilans carbone (15/12/2020)

Installé en 2000, Laurent Thiébot est associé avec son frère dans une ferme de 94 hectares qui compte 115 vaches laitières et un poulailler de Janzé. Les cultures sont conduites en techniques culturales simplifiées (TCS). Le Gaec s’est engagé dans une MAE sol et une MAE entretien des haies.

«Regrouper des producteurs motivés»

Lorsqu’un groupe de réflexion sur le bas carbone s’est constitué au sein de la fédération des Ceta 35, organisme de formation auquel le Gaec adhère, Laurent a répondu présent. « L’objectif est de regrouper les producteurs motivés afin de mutualiser leurs crédits carbone, puis de les revendre à des entreprises volontaires, comme La Poste, via l’association France Carbon Agri (FCAA), labellisée par le ministère de l’Agriculture », explique Maëlle Gédouin, animatrice à la FDCeta35.

> À lire aussi : Le premier contrat de vente de carbone par un élevage bovin est signé (26/05/2020)

Trente-six adhérents ont répondu au premier appel à projets de France Carbon Agri. Comme ses collègues, Laurent a réalisé un diagnostic CAP2ER, état des lieux de la situation. En lait, l’empreinte carbone représente 0,97 kg équivalent CO2/litre. Seules 4 % des émissions de GES sont compensées par le stockage du carbone.

Une carte à jouer

Un plan d’action a été validé en 2020 : « Nous allons élever moins de génisses et baisser l’âge au premier vêlage. Nous travaillons sur l’autonomie alimentaire avec l’implantation de luzerne et le passage du soja au colza. » L’installation d’un prérefroidisseur de lait fera économiser de l’électricité. Les frères réfléchissent à une microméthanisation.

« Sur l’ensemble du groupe, c’est 14 500 t de carbone qui vont être économisées sur cinq ans, soit l’équivalent des émissions de 250 Français, a calculé Maëlle Gédouin. À ce jour, les crédits carbone sont ré­mu­nérés 30 €/t, soit en moyenne 12 000 € par exploitation sur cinq ans. »

L’Institut de l’élevage (Idele) a démontré qu’un système bas carbone allait de pair avec une bonne efficience économique. « Sur nos fermes, beaucoup d’actions permettent de diminuer nos émissions, autant les valoriser tout en agissant pour l’environnement », conclut Laurent Thiébot.

Isabelle Lejas

Avancer en groupe

Alimentation, cultures, énergie… Les exploitations engagées dans la réduction des GES ont de nombreuses mesures communes dans leur plan d’action. « L’échange entre agriculteurs permet d’avancer en nous inspirant les uns des autres », assure Laurent Thiébot.

« Les changements de ration (luzerne, colza) vont permettre une baisse des émissions », explique Laurent Thiébot, éleveur laitier avec son frère à Piré-sur-Seiche. © I. Lejas
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Cet article est paru dans La France Agricole

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