« L’épidémie de tuberculose bovine peut conduire à de véritables cas de détresse chez nos éleveurs », a reconnu le 12 octobre 2021, Julien Denormandie.

« Remettre de l’humain dans l’accompagnement »

Interrogé lors des questions à l’Assemblée nationale par le député de la Dordogne, Jean-Pierre Cubertafon du Mouvement démocrate, le ministre de l’Agriculture a annoncé le renforcement du plan d’action de lutte contre la tuberculose bovine. Il prévoit de :

  1. Renforcer la surveillance sanitaire

    « Cela doit passer par des dépistages plus précoces, et des dépistages à l’occasion de mouvements d’animaux que l’on sait à risque. Nous devons agir le plus en amont possible pour mieux prévenir le risque de maladie. »

  2. Mettre en œuvre des mesures de biosécurité

    « Cela nécessite des investissements. Et parfois nos éleveurs n’ont pas les capacités suffisantes pour investir. Et c’est pour ça que nous avons, dans le cadre du plan France Relance, mobilisé des financements en faveur de mesures de biosécurité. »

  3. Mieux accompagner les éleveurs

    « Cela passe par les indemnisations : il faut qu’elles soient réalisées le plus rapidement possible. Depuis 2018, je note toutefois que beaucoup d’améliorations ont été faites. Il faut un accompagnement humain, remettre beaucoup de l’humain dans toutes ces démarches d’accompagnement. »

Le ministre de l’Agriculture a, dans la foulée, salué le rapport d’Olivier Damaisin portant sur la mise en place de mesures visant à mieux accompagner les agriculteurs en difficulté. Remis en décembre au gouvernement, celui-ci a depuis promis un grand plan d’action interministériel.

Mais attendu au printemps puis à la rentrée de 2021, il n’a à ce jour toujours pas été présenté. À l’Assemblée, le ministre de l’Agriculture est resté évasif : il a parlé d’un « plan ambitieux d’accompagnement de nos éleveurs en difficulté » à paraître « dans les prochaines semaines ».

La maladie à « un niveau inquiétant »

La tuberculose bovine enregistre aujourd’hui une centaine de foyers en France dont 27 pour le seul département de la Dordogne. « Le niveau d’épidémie de tuberculose bovine atteint un niveau inquiétant. Il est urgent de tirer la sonnette d’alarme », a commenté le député Jean-Pierre Cubertafon, rapportant « la détresse affective » des éleveurs en raison de la réglementation en vigueur.

« Les éleveurs doivent abattre un grand nombre de leurs bêtes dès qu’une suspicion est établie. Certains sont également dans une situation difficile. Les mécanismes d’indemnisation et de compensation financière fixée par l’article 7 de l’arrêté du 17 juin 2009 sont en inadéquation avec les pertes subies par les éleveurs. En plus d’une valorisation des animaux régulièrement sous-établie ne prenant pas en compte les situations particulières, le mécanisme de calcul ne prend pas en compte les conséquences à court et moyen terme impactant la production de l’exploitation. »

Enfin, les délais d’attribution des indemnisations sont encore souvent dépassés pouvant aller jusqu’à plusieurs mois. « L’absence de réactivité peut conduire à des fermetures d’exploitation et à des drames personnels dans certains cas », a déploré le parlementaire.

À ce jour, aucun accompagnement humain, spécifique et systématique, n’est déclenché en cas de détection de maladie dans un troupeau. Dans le cas de la tuberculose bovine, ça n’est pas seulement l’animal détecté positif qui doit être abattu, mais le plus souvent l’ensemble des bêtes. Ce qui signifie un travail de plusieurs générations d’anéanti.

Rosanne Aries