En visite dans l’exploitation agricole de Valentin Caron et Aurélien Brunet, à Sandillon (Loiret), 230 hectares, spécialisée dans les céréales, les fraises et les asperges, la Première ministre Elisabeth Borne a longuement échangé avec un jeune agriculteur qui lui a expliqué que « cette année, la sécheresse avait démarré de bonne heure ».

La cheffe du gouvernement a annoncé l’ouverture « dès lundi à 14h00 » du guichet de 400 millions d’euros alloués « aux éleveurs qui peuvent avoir du fait de la sécheresse des difficultés sur l’alimentation animale », dans le cadre du plan d’aide exceptionnelle mis en place à la suite de la guerre en Ukraine et à l’envolée des prix de ces aliments.

Cette aide, prévue dans le plan de résilience, a été approuvée par la Commission européenne le 10 mai 2022. Destinée à 100 000 éleveurs, selon les calculs du ministère de l’Agriculture, elle vise à soutenir les éleveurs dans leurs achats d’aliments. Elle constituera une aide d’Etat et ne pourra pas dépasser 35 000 euros par bénéficiaire.

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La gestion de la ressource en eau

Elisabeth Borne a également rappelé le doublement de l’enveloppe (de 20 à 40 millions d’euros) à destination des agriculteurs désireux d’investir dans du matériel pour optimiser la consommation de l’eau, et les 100 millions d’euros supplémentaires mis à disposition des agences de l’eau pour aider les filières agricoles à s’adapter ou créer des retenues d’eau.

« Par ailleurs, partout où ça se justifiera nous activerons cette année le dispositif des calamités agricoles pour les fourrages », a-t-elle ajouté.

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Enfin, elle a assuré que son gouvernement allait « poursuivre le grand chantier de la réforme de l’assurance récolte, afin que le nouveau dispositif s’applique à partir du 1er janvier 2023 ».

Des comités sécheresse

« Nous prenons des mesures pour gérer la ressource en eau et éviter que la situation ne soit ingérable cet été », a expliqué Elisabeth Borne, qui était accompagnée du ministre de l’Agriculture Marc Fesneau et de la ministre de la Transition écologique Amélie de Montchalin.

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Consigne a été donnée aux préfets « de préserver au maximum la ressource en eau, avec des messages à tous les Français pour baisser leur consommation d’eau », et pour les situations les plus difficiles « des arrêtés sécheresse et donc des restrictions sur les usages non prioritaires », a-t-elle ajouté, précisant que 19 départements sont aujourd’hui concernés. Des comités sécheresse seront organisés au niveau préfectoral.

Éric Young, avec l’AFP