Et si la maîtrise de la prolifération des campagnols terrestres pouvait se régler grâce à l’urine des rongeurs. Les chercheurs explorent cette piste. Ils viennent de montrer que les composés émis par l’urine et les glandes abdominales des rongeurs sont différents et que leur production dépend du sexe mais surtout de la période de l’année.

Le campagnol de l’espèce Arvicola (grand campagnol terrestre, ou rat taupier) est un rongeur des prairies de moyenne montagne qui occasionne des pertes importantes de fourrages. Afin de lutter contre leur pullulation, la Région Auvergne-Rhône-Alpes a financé plusieurs projets, dont l’un avait pour objectif d’identifier les signaux chimiques naturellement émis par les rongeurs. Ces animaux utilisent tout un arsenal de molécules pour communiquer entre eux, en particulier pour favoriser la reproduction. Des chercheurs de l’Inra ont ainsi eu l’idée d’identifier ces molécules et leurs effets pour au bout du compte les empêcher de se reproduire.

Composition chimique

Les chercheurs ont analysé les composés volatils contenus dans l’urine et les glandes abdominales des campagnols terrestres. Ils ont découvert que le profil de ces composés est spécifique de cette espèce, est significativement différent en juillet par rapport aux autres périodes de l’année, mais sans différence entre les sexes. Les glandes abdominales produisent une sécrétion huileuse qui est différente entre les mâles et les femelles en octobre. La composition protéique urinaire varie par contre beaucoup entre les sexes, puisque seuls les mâles produisent de grandes quantités d’une protéine qui a été nommée « arvicolin ».

Des tests comportementaux sont en cours de réalisation pour déterminer le rôle de ces signaux chimiques dans la reproduction du campagnol, afin de mettre en place des stratégies de perturbation des signaux comme moyens de lutte contre les pullulations.

Marie-France Malterre