Soumis à consultation publique jusqu’au dimanche 28 avril, le projet d’arrêté préfectoral, autorisant la capture et l’euthanasie d’une partie des bouquetins potentiellement contaminés par la brucellose, suscite comme chaque année des oppositions de la part des associations environnementalistes nationales.

Dans un communiqué de presse, plusieurs associations, dont la FNE et la LPO, dénoncent le projet d’arrêté préfectoral, préparé selon elles « sous la pression du lobby agricole ». Si l’euthanasie des animaux séropositifs avérés contribue à réduire le foyer infectieux, l’abattage d’animaux potentiellement sains est inacceptable, soulignent les écologistes, en qualifiant de très faible le risque actuel de transmission de la brucellose aux bovins.

Un point de vue non partagé par les organisations agricoles du département. Même si le risque de contamination du cheptel domestique a baissé en zone périphérique, il est toujours présent, estiment-elles. En 2018, les autorités sanitaires de la DDPP estimaient le pourcentage d’animaux positifs à 45 % sur l’ensemble du massif ».

« L’État, souligne Bernard Mogenet, président de la FDSEA et vice-président de la chambre d’agriculture des Savoies, doit avoir le courage d’aller rapidement jusqu’au bout du plan qui avait alors été défini après le drame de 2012 (1) pour éradiquer progressivement la maladie. La centaine de bouquetins qui pourraient être euthanasiés cette année ne risque pas de mettre en danger la population des bouquetins des Alpes, qui compte 10 000 individus. »

Anne Bréhier

(1) Dans les Aravis, le drame de 2012 est encore bien présent en mémoire. Cette année-là, un troupeau laitier du Grand Bornand avait dû être entièrement euthanasié à la suite d’une contamination à la brucellose. Deux enfants étaient tombés malades et la filière avait dû détruire, à ses frais, un volume important de reblochons. Ensuite, les organisations professionnelles de la Haute-Savoie ont prôné l’abattage de tous les bouquetins en une seule fois et le repeuplement du massif avec des animaux sains. Ces propositions considérées comme trop radicales par les environnementalistes et l’Administration n’avaient pas été retenues.