Après la découverte de deux cas atypiques d’encéphalopathie spongiforme bovine (ESB) sur son territoire, le ministère de l’Agriculture brésilien a pris les devants et suspendu les exportations de bovins vers la Chine.

« Aucun risque pour la santé humaine ou animale »

Cette mesure temporaire a été prise conformément à un protocole bilatéral existant entre les deux pays, même si le ministère a assuré qu’il n’y avait « aucun risque pour la santé humaine ou animale ».

Selon le communiqué, il s’agit bien de deux cas « atypiques », dans la mesure où la maladie est apparue « de manière spontanée et sporadique, sans relation avec l’ingestion d’aliments contaminés ». Les deux cas ont été détectés lors d’inspections sanitaires, dans le Minas Gerais (sud-est) et le Mato Grosso (centre-ouest), chez des bovins « d’âge avancé ».

« Il s’agit du quatrième et cinquième cas d’ESB détectés en plus de 23 ans de vigilance sanitaire de la maladie. Le Brésil n’a jamais recensé de cas classique d’ESB », a précisé le ministère, qui a notifié officiellement ces deux cas à l’Organisation internationale de la santé animale (OIE).

La Chine reste dépendante des importations brésiliennes

Une situation similaire avait eu lieu en juin 2019, quand le Brésil avait également suspendu temporairement ses exportations de bovins vers la Chine, après un cas atypique d’ESB détecté au Mato Grosso, chez une vache âgée de 17 ans.

« En 2019, la suspension des exportations avait duré deux mois, se souvient Baptiste Buczinski, économiste à l’Institut de l’élevage interrogé par La France Agricole ce mardi 7 septembre 2021. Les opérateurs chinois devraient vouloir reprendre les échanges assez rapidement, ces derniers étant déjà privés des envois de viande bovine argentine. »

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La Chine reste « dépendante » des approvisionnements brésiliens. En 2020, les importations de viande bovine brésilienne pesaient près de 1,4 million de tonnes-équivalent carcasse (tec) sur un total de 3,12 millions de tec à destination de la Chine continentale et de Hong Kong.

Et ailleurs, « il n’y a pas forcément beaucoup de disponibilités », reprend l’économiste, avant d’évoquer les tensions commerciales toujours présentes entre la Chine et l’Australie. Du côté de l’Europe, si les exportations irlandaises vers la Chine sont toujours bloquées, les autres pays pourraient tenter de tirer leur épingle du jeu à court terme en l’absence des géants de l’Amérique du Sud sur le marché chinois.

« Jusqu’ici, ce n’est pas la viande bovine européenne qui a pris la place, en termes de volumes, alors que d’autres pays se positionnent, indique Baptiste Buczinski. En juillet 2021, le Chili a exporté 50 500 tec vers la Chine, soit 63 % de plus par rapport à juillet 2020. ».

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Lucie Pouchard, avec l’AFP