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La Chine obligée d’importer plus de viande bovine

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Marchés mondiaux - La Chine obligée d’importer plus de viande bovine
En l’espace de dix ans, la consommation chinoise de viande bovine par bilan a bondi de 47 %. (Photo d’illustration) © Pixabay

En 2020, l’Asie de l’Est et du Sud-Est a capté 47 % des importations mondiales de viande bovine (hors flux intra-européens). Plus de la moitié de ces volumes ont alimenté la Chine et Hong Kong. La pandémie de Covid-19 est loin d’avoir freiné l’appétit de l’empire du Milieu, qui conforte sa place de premier importateur mondial de viande bovine.

« L’année dernière, alors qu’un certain nombre de pays asiatiques a revu ses importations de viande bovine à la baisse compte tenu de la situation sanitaire, la Chine et Hong Kong ont enregistré une hausse de 22 % par rapport à 2019 », analyse Jean-Marc Chaumet, agroéconomiste à l’Institut de l’élevage (Idele), lors d’un webinaire le 17 juin 2021.

La Chine et Hong Kong ont ainsi absorbé plus d’un quart des importations de viande bovine échangées à l’échelle du globe en 2020, soit 3,12 millions de tonnes-équivalent carcasse (tec). Sur les quatre premiers mois de 2021, les importations chinoises, bien que ralenties, restent orientées à la hausse (+17 % par rapport à 2020, à la même période).

> À lire aussi : Importations, l’appétit chinois pour la viande bovine se confirme (09/11/2020)

Une production locale très insuffisante

« La consommation intérieure, établie à 7,2 kgec par an et par habitant en 2020, croît plus rapidement que la production nationale de viande bovine », observe Jean-Marc Chaumet. Depuis 2015, le nombre de bovins abattus est pourtant reparti à la hausse. L’an dernier, la production officielle de viande bovine représentait 6,72 millions de tec, positionnant la Chine au rang de quatrième producteur mondial derrière les États-Unis, le Brésil et l’Union européenne.

Le cheptel bovin chinois est lui aussi orienté à la hausse. Concentrant 95 millions de têtes, il est en augmentation de 4,8 % par rapport à 2019. Mais les efforts de la filière d’accroître la production sont loin de satisfaire la demande de la population chinoise. En 2020, les importations en viande bovine représentaient 34 % de l’offre totale.

Le gouvernement tente de calmer l’appétit de ses habitants

Et les prix élevés de la viande bovine sur le marché intérieur, qui ont battu de nouveaux records en 2020 (+15 % par rapport à 2019), n’y changent rien. « Depuis l’arrivée de la peste porcine africaine sur le sol chinois, l’écart de prix avec la viande porcine s’est fortement réduit, incitant les consommateurs chinois à se tourner vers le bœuf », explique Jean-Marc Chaumet.

La dépendance croissante aux importations, qui ne se cantonne pas qu’à la viande bovine, inquiète les dirigeants chinois. « C’est un pays protectionniste qui tient à garder la main sur sa sécurité alimentaire, impliquant de produire un maximum de denrées sur son sol », indique François Blanc, conseiller pour les affaires agricoles à l’ambassade de France en Chine.

Le gouvernement chinois encourage, de ce fait, les habitants à un régime alimentaire moins carné. « Mais ces appels sont peu entendus par les concitoyens chinois, pour qui la consommation de viande est synonyme de bonne santé », reprend l’expert.

À la recherche de solutions alternatives à la viande

L’empire du Milieu est en quête de « technologies disruptives » tels que les substituts à la viande. « Le pays a conscience qu’il ne pourra pas aller au-delà de ses limites physiques pour subvenir aux besoins de la population nationale tout en retrouvant son autosuffisance alimentaire », commente François Blanc.

Pour « déconnecter les produits alimentaires des contraintes agricoles », la Chine se montre particulièrement active dans le domaine de la Foodtech. En 2020, elle a investi 5 milliards de dollars US dans ce domaine, se plaçant au second rang mondial, après les États-Unis.

À lire aussi : La Chine ouvre ses frontières à la viande bovine (15/06/2020)

Lucie Pouchard

Vers une hausse de la production bovine chinoise en 2021
Évolution des prix des viandes en Chine. © GEB/Institut de l’élevage
Évolution des prix des viandes en Chine. © GEB/Institut de l’élevage

En 2021, la production chinoise de viande bovine devrait continuer d’augmenter. « De nombreux éleveurs ont retardé la date de sortie de leurs bovins d’engraissement pour profiter des cours élevés des animaux gras vifs », explique Jean-Marc Chaumet, économiste à l’Idele. Les experts s’attendent donc à des abattages plus importants.

La consommation intérieure pourrait, de son côté, se montrer moins dynamique que prévu. Pourquoi ? À cause de l’écart de prix grandissant avec la viande de porc, constaté depuis le début de l’année (voir ci-dessus).

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