« Pour que les pommes issues d’une agriculture durable soient mieux notées que celles boostées aux pesticides et aux engrais de synthèse », écrivent l’Institut de l’agriculture et de l’alimentation biologiques (Itab) et quinze autres ONG pour expliquer leur démarche. Dans le cadre de l’appel à projet lancé par le ministère de la Transition écologique, le collectif propose sa propre méthode de calcul et d’affichage du score environnemental baptisé le Planet-score.

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Aller plus loin que l’éco-score

Alors que les autres méthodes, notamment l’éco-score, reposaient sur l’analyse de cycle de vie (ACV), l’Itab et ses partenaires proposent d’aller plus loin en incluant :

  • L’impact des pesticides sur la santé humaine et animale ;
  • L’impact de l’agriculture sur la biodiversité en fonction des modes de production ;
  • L’impact climatique des aliments ;
  • la notion de bien-être animal.

Pour ce faire, l’Itab précise s’appuyer sur « des données scientifiques récentes ».

Capture d’écran. © Itab et ONG

Le Planet-score se composerait de trois sous-indicateurs (pesticides, biodiversité, climat) notés de A à E ainsi que d’un indicateur complémentaire sur le bien-être animal. Le Planet-score « constitue à ce titre un levier fiable et efficace pour accélérer l’engagement des consommateurs et donc des opérateurs vers une alimentation plus soutenable », soutiennent l’Itab et ses partenaires dans leur communiqué.

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Un nouvel appel lancé aux pouvoirs publics

Sur la base de ces travaux, l’Itab, soutenu par quinze ONG et acteurs de l’agriculture biologique, appelle les pouvoirs publics à « se saisir du Planet-score comme référence pour le futur affichage environnemental des aliments » ainsi qu’à « corriger les données relatives à l’impact écologique des produits et rectifier les biais présents dans la base de données officielle Agribalyse ».

Dans un communiqué publié le même jour, l’interprofession du bétail et des viandes (Interbev) salue l’initiative du Planet-score. « Les indicateurs environnementaux et évolutions méthodologiques qui y sont proposés sont en phase avec nos constats et propositions », ajoute l’interprofession, qui a rendu avec ses partenaires le 1er juillet à l’Ademe son « rapport d’expérimentation d’un affichage environnemental pour la filière des viandes rouges ».

« Un autre système de notation est possible »

Interbev soutient qu’un autre système de notation est possible, « prenant en compte les impacts positifs des systèmes d’élevage herbagers autonomes et pâturants et répondant aux attentes des consommateurs comme aux préoccupations des ONG ».

Comme l’Itab et les quinze autres organisations, Interbev demande aux pouvoirs publics de « prolonger et d’approfondir les travaux pour aboutir à une base de données environnementale corrigée et complète ainsi qu’à un score environnemental officiel et fiable ».

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Alessandra Gambarini et Lucie Pouchard