Dix acteurs de l’alimentation (1) ont présenté ce 7 janvier 2021, le premier Eco-score européen dont l’objectif est « d’indiquer l’impact sur l’environnement de notre alimentation » au moyen d’une note allant de A à E et « d’opérer un changement pour le consommateur, mais aussi le fabricant, le distributeur ou le restaurateur ».

À lire aussi : Une « incohérence totale » dans l’affichage environnemental (18/12/2020)

Une note multicritère

La méthode de calcul employée par le collectif se base dans un premier temps sur les analyses de cycle de vie (ACV) fournies par Agribalyse. Vivement contestées par l’Itab ou la filière de la viande bovine, les données de l’ACV sont complétées pour calculer l’Eco-score par d’autres critères peu, voire pas, pris en compte lors du calcul du cycle de vie.

Il s’agit des critères suivants, calculés sous forme de bonus ou de malus :

  • Label environnemental (greenforest, agriculture biologique, demeter…) ;
  • Provenance des matières premières ;
  • Recyclabilité de l’emballage ;
  • Saisonnalité du produit ;
  • Politique environnementale du pays dont est originaire le produit. Cet indicateur utilise le référentiel annuel de Yale sur les performances environnementales des pays ;
  • Espèces menacées (pour le calcul, le collectif se base sur un référentiel édité par la WWF).

Ainsi, des œufs en cage pourront afficher un Eco-score de C, tandis que des œufs sous label biologique produits hors de l’Union européenne afficheront un Eco-score de B, contre une note de A s’ils sont produits en France.

Une initiative indépendante

Aujourd’hui, le collectif propose un Eco-score pour 240 000 produits et ceux-ci apparaissent d’ores et déjà sur les sites internet des différents acteurs. Des contacts seraient en cours avec des industriels et des distributeurs pour décliner la méthodologie chez d’autres acteurs.

Cette initiative reste indépendante et ne prétend pas avoir été validée par le ministère de la Transition écologique.

« Une opération publicitaire », selon Interbev

« L’interprofession demande au gouvernement de condamner publiquement cet Eco-score », lance Interbev dans un communiqué de presse publié ce 7 janvier. L’interprofession du bétail et des viandes dénonce une « opération publicitaire » de la part du collectif qui desservirait l’information du consommateur.

Interbev déplore notamment que cet Eco-score n’ait reçu aucune validation dans le cadre de l’expérimentation en cours, pilotée par le gouvernement, d’un affichage environnemental mais aussi la méthodologie employée par le collectif.

« Ce nouvel éco-score repose principalement sur la base de données Agribalyse […] qui contribuent, notamment, à pénaliser les viandes issues d’élevages herbagers au profit de systèmes beaucoup plus intensifs. » Interbev précise souhaiter participer à l’expérimentation sur l’affichage environnemental.

Alessandra Gambarini

(1) Yuka, La Fourche, FoodChéri, Seazon, Marmiton, Etiquettable, Open Food Facts, ECO2 initiative, ScanUp, Frigo Magic