Du 22 septembre 2020 au 13 octobre 2020, chaque citoyen peut donner son avis sur une potentielle réautorisation du piégeage des sangliers sur le site des consultations publiques du ministère de la Transition écologique. Jusqu’alors, même lorsque le sanglier était classé nuisible dans un département, l’article 18 de l’arrêté du 29 janvier 2007 interdisait son piégeage, sauf par les lieutenants de louveterie (arrêté du 3 avril 2012).

Ce projet de texte autorise le préfet, dans les zones à forte concentration de dégâts, à déroger à cette interdiction. Cette possibilité est accordée au représentant de l’État mais il devra consulter le président de la fédération départementale des chasseurs. Ce dernier peut aussi proposer au préfet d’autoriser ponctuellement cette pratique.

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Un contexte de tension entre les chasseurs et les agriculteurs

Le projet d’arrêté arrive dans un contexte où les sangliers occasionnent de très lourds dégâts dans un certain nombre de départements. Selon le ministère de la Transition écologique, au niveau national, le montant des dégâts sur les cultures s’élève autour de cinquante millions d’euros.

À lui seul, le sanglier « truste » 80 % des dégâts de grand gibier dont l’indemnisation représente une enveloppe annuelle d’environ 30 millions d’euros. En y ajoutant les frais d’estimation et les coûts de la prévention, la facture à la charge exclusive des chasseurs s’élève à environ 50 millions d’euros.

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La population de sangliers supérieure à 1.5 million d’individus ne paraît par endroits même plus contrôlable. Le Conseil national de la chasse et de la faune sauvage, composé entre autres des ministères de l’Agriculture et de la Transition écologique, de la Fédération des chasseurs, des syndicats agricoles, de la Ligue pour la protection des oiseaux ou encore de l’APCA a émis un avis favorable sur ce dossier.

Renaud d’Hardivilliers