De l’édition génomique à l’agriculture biologique, il n’y a qu’un pas selon l’AFBV. L’Association française des biotechnologies végétales préconise en effet un « investissement massif dans l’amélioration génétique des plantes » pour assurer un « développement durable des productions végétales bio », tout en conservant ses facteurs de différentiation avec l’agriculture conventionnelle.

À lire aussi : Les solutions de biocontrôle se font attendre en bio (22/09/2021)

Une agriculture encouragée à se développer

« L’agriculture biologique connaît un véritable engouement et l’alimentation bio devient un marché de grande consommation », a détaillé Georges Freyssinet, le président de l’AFBV, lors d’une conférence de presse le 12 octobre 2021 à Paris. Elle est aussi encouragée à se développer au niveau européen.

Mais « ce développement est lourdement entravé par ses rendements inférieurs à ceux de l’agriculture conventionnelle et ses coûts de production supérieurs », soutient l’AFBV. Dans ce contexte, « la productivité de l’agriculture bio doit augmenter », les surfaces agricoles disponibles n’étant pas extensibles.

À lire aussi notre dossier : Le panel de variétés de blé bio s’enrichit (15/09/2021)

Besoin d’une génétique de pointe

« Pour être plus productive, compte tenu de ses spécificités, l’agriculture bio a tout particulièrement besoin d’une génétique de pointe avec des variétés conçues pour résister aux maladies et aux ravageurs, pour s’adapter aux variations climatiques, au manque d’eau et d’apports nutritifs, en particulier l’azote », juge l’association.

Pour réussir, les filières agricoles bio « doivent pouvoir bénéficier, sans parti pris, de tous les outils de sélection des plantes qui permettent une amélioration rapide des variétés », insiste Georges Freyssinet. Parmi ces outils figurent notamment l’édition génomique comme Crispr-Cas9.

À condition que ces techniques soient soumises une réglementation adaptée. Et Georges Freyssinet de se féliciter : « La Commission européenne et le Conseil des ministres de l’Agriculture ont annoncé en avril-mai une action politique pour adapter la réglementation à ces nouveaux outils et aux produits correspondants. Le processus a démarré. »

> Lire aussi : La législation européenne sur les NBT en consultation (06/10/2021)

« Refuser d’adopter ces nouvelles techniques après avoir refusé les OGM pour des raisons diverses […] pourrait conduire l’agriculture bio à échouer dans son ambition de devenir une norme universelle, considère l’AFBV. Il serait peu rationnel et peu responsable qu’elle s’en prive. »

Même objectifs de durabilité

Pamela Ronald, professeur en biotechnologies végétales à l’Université de Californie présente à la conférence de presse a insisté : « Il faut regarder le sujet avec de la hauteur. Les agriculteurs doivent réduire les intrants en gagnant leur vie, réduire les gaz à effet de serre et utiliser l’eau de manière efficace. Agriculteurs et consommateurs partagent les mêmes objectifs. Il faut donc se dégager des techniques elles-mêmes, elles sont interchangeables et utilisées dans un but bien défini. »

Selon la chercheuse, contre le mildiou par exemple, « le meilleur outil c’est l’édition génomique ». Elle juge ainsi que « l’agriculture bio et la génétique ne sont pas incompatibles, mais qu’au contraire ces voies visent les mêmes objectifs de durabilité économique, environnementale et sociale pour la production agricole ».

Isabelle Escoffier