« Vous avez devant vous un Premier ministre qui a été meurtri par l’affaire du Perpignan-Rungis, le train des primeurs », suspendu depuis un an, a confié Jean Castex, aussi élu municipal à Prades (Pyrénées-Orientales), à l’occasion de la présentation du plan de relance du fret ferroviaire lors d’un déplacement sur le chantier de transport combiné de Bonneuil-sur-Marne (Val-de-Marne). Dans le cadre de ce plan, l’État compte en effet développer des autoroutes ferroviaires, en relançant notamment le train des primeurs Perpignan-Rungis.

Une annonce bien accueillie en Occitanie

Jusqu’en juillet 2019, le « train des primeurs », formé de wagons réfrigérés, transportait chaque nuit des fruits et légumes produits dans les Pyrénées-Orientales vers le marché de Rungis. La ligne devait être relancée à la fin de 2019 vers la plateforme multimodale de Valenton (Val-de-Marne), plutôt qu’à Rungis où la gare doit être modernisée. Cependant, les clients n’ont pas répondu présents à ce changement et depuis le train est à l’arrêt.

En Occitanie, l’annonce de la relance a été très bien accueillie alors que « la Région se mobilise depuis des années sur ce sujet », a réagi Jean-Luc Gibelin (PC), vice-président en charge des mobilités. Il souhaite donc que soit « réellement étudiée une liaison ferroviaire entre le marché Saint-Charles de Perpignan et le marché de Rungis ».

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Des droits de péage gratuit pour les trains de marchandises

Le plan de relance présenté par le Premier ministre, accompagné du président-directeur général de la SNCF, Jean-Pierre Farandou, et des ministres Emmanuelle Wargon (Logement), Barbara Pompili (Transition écologique) et Jean-Baptiste Djebbari (Transports), prévoit aussi de rendre gratuit les droits de péage pour les trains de marchandises.

« Il y a des péages pour emprunter les sillons […] que les trains de marchandises empruntent avec les trains de voyageurs. Donc, nous avons décidé la gratuité de ces péages jusqu’à la fin de l’année 2020 et une division par deux […], en 2021, du prix de ces péages », a expliqué Jean Castex. Selon Matignon, cela représente 63 millions d’euros en 2020 et encore 63 millions en 2021.

Grâce à ces incitations, l’État espère voir 20 000 poids-lourds de moins sur les routes en 2021, correspondant à 425 000 tonnes de CO2 émis en moins. Jean Castex a également dit vouloir développer le transport combiné rail-route, car « c’est l’avenir ».

Avec l’AFP