Dans deux notes d’infos rapides, le service de la statistique du ministère de l’Agriculture Agreste, constate l’impact négatif des vagues de gel du mois d’avril sur les productions de pêches et d’abricots. Au 1er mai 2021, elles seraient largement inférieures à celles de l’année précédente.

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La production de pêches pâtit du gel

Au 1er mai 2021, la production annuelle de pêches, nectarines, brugnons et pavies est estimée entre 90 000 et 122 000 tonnes. Ce niveau de production serait inférieur à celui de l’an dernier et à la moyenne des récoltes de 2016 à 2020.

Les gelées ont touché toutes les régions productrices et très durement la vallée du Rhône. Pour l’éclaircissage, les producteurs attendent la fin de la nouaison (formation de petits fruits viables), au cours de laquelle des chutes physiologiques de fruits pourraient encore survenir, conséquences du gel et des variations brutales de température.

Dans le Languedoc et le Roussillon, avec les gelées, les rendements sont attendus en forte baisse. Le Roussillon a été relativement épargné. Les surfaces des vergers augmenteraient.

En Paca, le gel a causé des dégâts importants dans le Vaucluse, d’autant plus que la végétation était en avance. La Crau subirait des pertes moins sévères. Les prochaines semaines permettront de mieux mesurer d’éventuelles chutes physiologiques de fruits. Les surfaces seraient stables.

Dans la vallée du Rhône, le gel est historique. Il a été à la fois intense (jusqu’à –10°C) et prolongé. Les surfaces seraient stables. La production est attendue en très forte baisse.

Le gel a aussi frappé les pays européens producteurs de pêches. Le nord de l’Italie est particulièrement concerné. L’Espagne a également été touchée.

La production nationale de pêches s’est écroulée en 2021 à cause de la vague de gel. © Agreste

Celle des abricots est historiquement basse en 2021

Au 1er mai 2021, la production d’abricots reculerait de 43 % par rapport à la faible récolte de 2020 et de 60 % à la moyenne des récoltes de 2016 à 2020. Il s’agirait de la production la plus faible depuis 46 ans, si on tient compte des rendements.

Le gel printanier historique a touché toutes les régions productrices, et plus durement le couloir rhodanien. Le calendrier de production devrait néanmoins être proche de celui de 2020 en tout début de saison, les variétés les plus précoces ayant été moins touchées que les variétés tardives.

En Languedoc et le Roussillon, le gel a touché tous les départements. Les pertes sont variables. Seul le Roussillon a été relativement épargné, avec une baisse moindre. Dans le Gard, la protection a donné des résultats positifs contre le gel dans certains vergers. Les zones proches de la Méditerranée ont été moins affectées. Les chutes de fruits continuent à survenir, ce qui retarde l’éclaircissage dans les zones relativement épargnées. Les surfaces augmenteraient sur un an.

En Paca, la production chuterait sur un an. Les gelées d’avril ont durement frappé les vergers du Vaucluse pendant la nouaison (formation de petits fruits). Les pertes sont très importantes, malgré la lutte mise en œuvre contre le gel (–70 % par rapport à la moyenne quinquennale). Les surfaces en production reculeraient sur un an.

Dans la vallée du Rhône, le gel est historique. Il a été à la fois intense, jusqu’à –10°C, et prolongé. L’avance végétative de deux semaines a été un facteur aggravant, les variétés précoces étant au stade de la nouaison. Le bergeron était en pleine floraison. Le gel a entraîné des coulures. Les protections ont été insuffisantes face au gel. Seulement un quart de la production d’une année normale est attendu. Les surfaces baisseraient sur un an.

Selon Medfel, l’Europe a été durement frappée par le gel, conduisant à la plus faible production des 30 dernières années. La récolte européenne de 2021 chuterait de 20 % par rapport à la faible récolte de 2020 et de 40 % par rapport à la moyenne de 2015 à 2019. En Italie, en Espagne et en Grèce, la production chuterait de respectivement 40 %, un tiers et un quart par rapport au niveau moyen.

La production nationale d’abricots française est historiquement basse en 2021 en raison des vagues de gel su mois d’avril. © Agreste

Les chiffres d’affaires nationaux poursuivent leur croissance

Au 1er mai 2021, les campagnes de commercialisation de 2021 des pêches et des abricots français n’ont pas encore débuté.

Concernant la pêche, en 2020, son chiffre d’affaires à la production s’accroît de 3 % sur un an, au niveau national, et de 8 % comparativement à la moyenne de 2015 à 2019, grâce à des prix fermes. Néanmoins, l’évolution est variable selon les bassins de production et entre producteurs, selon que leur exploitation a été touchée ou pas par les aléas climatiques. Le chiffre d’affaires est en baisse sur un an dans la vallée du Rhône (–2 %), pour la deuxième année consécutive, conséquence de la chute de la production. Il est en hausse dans le Languedoc et le Roussillon (+5 %).

Quant à l’abricot, en 2020, son chiffre d’affaires augmente de 9 % sur un an au niveau national, dépassant de 7 % le niveau moyen de 2015 à 2019. Malgré son redressement, il reste en deçà des niveaux antérieurs à 2016, du fait de la faiblesse de la production. La hausse des prix fait plus que compenser la baisse des volumes produits. Cette tendance nationale masque cependant des différences entre les régions et entre les producteurs, selon que leur exploitation a été touchée ou pas par les aléas climatiques. En Paca, le chiffre d’affaires se replie de 4 % sur un an, conséquence de la chute de la production, non compensée par une hausse des prix. Dans la vallée du Rhône, le chiffre d’affaires progresse de 15 % sur un an, à la faveur de la hausse des prix.

Oriane Dieulot