Dans sa dernière note d’info rapide, Agreste, le service de la statistique du ministère de l’Agriculture indique qu’en février 2021 les prix à la production de l’ensemble des produits agricoles ont progressé de 1,5 % par rapport à janvier 2021 augmentent (données corrigées des variations saisonnières).

Ils atteignent ainsi un niveau élevé supérieur à celui observé en avril 2020 « au moment du premier confinement ». En glissement annuel, la progression est encore plus marquante puisque les prix à la production augmentent 4,4 % (en données brutes).

Des prix élevés pour les oléagineux et les céréales

Agreste indique qu’en raison d’une « demande chinoise toujours ferme et de craintes quant aux conséquences sur les cultures de la vague de froid aux États-Unis et des pluies au Brésil », les prix des céréales ont fortement progressé. En effet, en février 2021 ils « dépassent d’un quart ceux de 2020 et d’un tiers la moyenne de 2016 à 2020 », et ce, « malgré une pression à la baisse en début de mois due à l’afflux de céréales russes sur les marchés ».

Les prix des oléagineux sont, quant à eux, « à leur plus haut niveau depuis 2013 ». Agreste l’explique par des stocks limités, des tensions sur le marché mondial du soja et par l’orientation à la hausse des cours du pétrole depuis novembre 2020.

Les cours de fruits et légumes se portent bien

Du côté des fruits, les prix dépassent « nettement les niveaux de 2020 ainsi que la moyenne sur la période allant de 2016 à 2020 », notamment en raison de « la faiblesse des récoltes, entre autres, celles de pommes et de kiwis ».

De leur côté, les cours des légumes sont aussi « en forte hausse ». Agreste explique que cette hausse est liée à « un meilleure orientation des cours des endives, », à « la bonne tenue des prix du chou-fleur », mais aussi à « la très forte augmentation des prix des poireaux, en lien avec la nette réduction de l’offre et la relance de la demande dues au froid et au gel ».

La salade fait cependant exception. En effet, ses prix sont « en retrait sur un an et par rapport à la moyenne de 2016 à 2020 », car « depuis décembre, l’offre peine à trouver suffisamment de débouchés dans la restauration collective ».

Les prix des gros bovins progressent, ceux des veaux régressent

En productions animales, les prix des « gros animaux » se rapprochent de ceux de 2020, car les prix du porc cessent de peser sur ces derniers. En effet, « avec un marché européen moins encombré et des exportations toujours fermes vers l’Asie, les cours du porc européen et français sont mieux orientés ».

Les prix des gros bovins sont, quant à eux, en « hausse sur un an » depuis octobre 2020. Agreste explique cette progression en raison des consommateurs qui « continuent de privilégier la viande d’origine française dans une revanche sur les prix des veaux de boucherie.

Pour les ovins, les prix sont à des niveaux élevés, « supérieurs à ceux de 2020, et surtout aux prix moyens de 2016 à 2020 ». C’est la demande à l’approche de Pâques qui tire ces prix vers le haut.

Les prix du lait « restent en deçà de ceux de l’année précédente ». Agreste note cependant que « l’écart se réduit entre les deux, à la faveur de prix pour les produits laitiers plus fermes ».

Marie-Astrid Batut