À la suite d’une rencontre organisée à Moscou avec de hauts responsables russes, le chef de l’Organisation des Nations unies (ONU) Martin Griffiths, s'est dit "relativement optimiste" ce mercredi 26 octobre 2022 sur la prolongation de l'accord qui permet les exportations de céréales ukrainiennes. Optimisme toutefois tempéré par la Russie qui a insisté sur ses revendications.

L’ONU réclame la prolongation de l’Initiative de la mer Noire

L'accord dit de la mer Noire, signé le 22 juillet dernier sous l'égide de l'ONU, a mis en place pour 120 jours, des procédures permettant l'exportation des céréales ukrainiennes bloquées par la guerre.

Le système a permis l'exportation de près de 9 millions de tonnes de céréales et de soulager la crise alimentaire mondiale provoquée par la guerre. Mais les incertitudes autour de la prolongation de l'accord ont déjà fait remonter les prix de certains produits.

Le 10 octobre dernier, Martin Griffiths avait lancé un appel à prolonger d’un an l’accord entre l’Ukraine et la Russie, qui arrive à échéance le 22 novembre prochain. "Nous aimerions qu'il soit renouvelé et peut-être même étendu pour inclure plus d'engrais", avait-il affirmé alors qu'il était interrogé sur les négociations en cours.

L’ONU veut également la "levée des entraves aux exportations"

"Nous souhaitons qu'il soit renouvelé rapidement maintenant. C'est important pour le marché, c'est important pour la continuité", a commenté ce mercredi Martin Griffiths, qui s'est rendu récemment à Moscou avec Rebeca Grynspan, secrétaire générale de la Cnuced, organisation onusienne en charge du commerce et du développement.

"Je suis toujours relativement optimiste sur le fait que nous allons obtenir" cette prolongation, a-t-il ajouté, notant qu'il n'y avait techniquement pas besoin d'un nouvel accord mais que certaines procédures méritaient peut-être d'être réexaminées et "simplifiées".

"Nous ne voulons pas seulement voir l'Initiative de la mer Noire en faveur des céréales renouvelée pour aussi longtemps que les parties le permettront", a noté le responsable onusien, mais aussi la "levée des entraves aux exportations des céréales et des engrais russes".

La Russie insiste sur ses revendications

Un deuxième accord, signé aussi le 22 juillet, prévoit la facilitation de ces exportations russes. Néanmoins, Moscou se plaint de ne pas pouvoir vendre, malgré tout, sa production et ses engrais en raison des sanctions occidentales touchant notamment les secteurs financiers et logistiques.

"Je suis content que Martin [Griffiths] soit relativement optimiste sur la prolongation de l'accord [de la mer Noire], mais nous devons encore voir l'application de la deuxième partie de l'accord avant que des décisions ne soient prises", a déclaré à la presse l'ambassadeur russe à l'ONU Vassily Nebenzia.

"La Russie veut voir ses exportations de céréales et d'engrais sur le marché mondial, ce qui n'est pas le cas depuis le début de l'accord", a-t-il répété, assurant que les "obstacles étaient toujours les mêmes".

"Nous reconnaissons que le secrétaire général [de l'ONU] et ses équipes essaient de résoudre ces problèmes, mais malheureusement, cela ne dépend pas seulement d'eux", a-t-il noté, évoquant notamment des questions d'assurance et d'accès aux ports européens.