« Presque toutes les céréales exportées d’Ukraine sont envoyées non pas aux pays en développement et aux pays les plus pauvres, mais aux pays de l’Union européenne », a fustigé Vladimir Poutine lors d’un forum économique à Vladivostok (Extrême-Orient russe), le 6 septembre 2022.

« Une tromperie »

« Ce que nous observons est une tromperie […], une attitude grossière et imprudente envers ces partenaires pour qui tout cela était censé être fait », a-t-il enchaîné devant de nombreux responsables économiques et politiques asiatiques.

Le président russe a dénoncé une attitude « colonialiste » de la part des pays occidentaux, et notamment de l’Union européenne, et qui « pensent d’abord à (leur) propre peau, à (leurs) propres intérêts ». « Ils s’en fichent ! », a-t-il lâché.

« Regardez le compte : 80 navires, et deux seulement vers les pays en développement », soit « 3 % uniquement », a fustigé Vladimir Poutine dans son discours. Et d’ajouter qu’il avait « parlé avec un dirigeant européen » de ce sujet « il y a un mois. Mais la quantité de céréales envoyée aux pays en développement n’augmente toujours pas. »

« Une catastrophe humanitaire sans précédent »

« Cela pourrait mener à une catastrophe humanitaire sans précédent », a-t-il alerté dans un discours de plus d’une demi-heure. « Peut-être devrions-nous réfléchir à la façon de limiter les exportations de céréales et d’autres produits alimentaires par cette voie ? », a-t-il poursuivi.

« Je vais consulter le président turc (Recep Tayyip) Erdogan », qui a parrainé un accord à Istanbul permettant l’exportation des céréales ukrainiennes, a-t-il ajouté. Ces déclarations interviennent alors que des inquiétudes persistent sur la sécurité alimentaire mondiale qui a été impactée par les retombées du conflit en Ukraine.

L’accord d’Istanbul a permis la reprise des exportations de céréales ukrainiennes, mais la Russie se plaint depuis plusieurs semaines d’entraves à ses propres exportations alimentaires à cause des sanctions occidentales.

« Inverser cette situation »

« La situation évolue dans la bonne direction, mais certaines restrictions subsistent », tirant les prix « à la hausse, a déploré Vladimir Poutine. J’espère que les choses vont changer d’une manière ou d’une autre », a-t-il dit, appelant à « inverser cette situation. Nous poursuivrons notre travail dans l’espoir que les objectifs pour lesquels tout cela a été organisé seront tout de même atteints. »

Selon lui, les Européens ont usé du « prétexte » d’une « famine » potentielle dans de nombreuses régions du monde si les céréales ukrainiennes ne pouvaient pas être exportées rapidement pour finalement les récupérer chez eux. « Il s’est avéré que (l’Occident) nous a une nouvelle fois trompés, nous, mais aussi les pays les plus pauvres », a-t-il lancé.