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Améliorer la finition des vaches blondes d’Aquitaine

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Alimentation - Améliorer la finition des vaches blondes d’Aquitaine
En moyenne, il faut compter 150 à 200 jours pour finir une femelle, avec un objectif de gain de poids de 200 kg vif minimum. À l’abattage, le poids moyen s’établit à 483 kg de carcasse pour 90 mois d’âge. 60 % des carcasses sont conformées U et E. © S. Champion

Des itinéraires innovants ont été testés pour accroître l’efficacité de la finition des femelles de boucherie. Ils font la part belle à l’autonomie alimentaire.

Si la blonde d’Aquitaine est réputée pour ses qualités bouchères d’exception et un niveau de valorisation élevé des carcasses, la race présente aussi quelques désavantages. Tant dans le bassin Nord (Pays de la Loire) que Sud (Occitanie), « les éleveurs et professionnels sont confrontés à la même problématique de finition des vaches de boucherie », rapporte Marion Kentzel, chef de projet à l’Institut de l’élevage (Idele). Cette race de grand format, mais à faible capacité d’ingestion, nécessite des rations concentrées coûteuses. De son côté, « la filière aval pointe une hétérogénéité de carcasses de plus en plus marquée et un dépôt de gras tardif », indique Lionel Giraudeau, directeur de l’organisme de sélection (OS) blonde d’Aquitaine.

Herbe stockée ou sur pied

Dans le cadre du programme Defiblonde, l’Idele a cherché à élaborer des itinéraires de finition plus efficients, répondant à l’objectif commercial visé. « Moyennant le respect des repères de valeur alimentaire (1), une blonde d’Aquitaine peut être finie avec d’autres types de rations que celle 100 % sèche », note Jean-Jacques Bertron, de l’Idele.

À la ferme expérimentale des Établières, en Vendée, un régime « monophase » mash et paille à volonté, composé de 93 % de concentrés, a été comparé à un régime « biphase », constitué de 70 % de concentrés. Pour ce dernier, les vaches allotées par dix recevaient un tiers d’ensilage d’herbe, deux tiers d’ensilage de maïs, du tourteau de soja et du maïs grain. Dès qu’elles atteignaient une note d’état corporel de 2, elles passaient à une ration mash et paille à volonté. La première phase a duré en moyenne 40 jours et la seconde de 70 à 80 jours.

Pour chaque régime, deux teneurs protéiques ont été testées, à 100 et à 125 g de PDI/UF. « L’apport à 100 g de PDI/UF a permis d’obtenir des performances de croissance et des caractéristiques de carcasses similaires à 125 g », reprend l’expert. Par ailleurs, « les trajectoires de prises de poids entre les lots nourris en régime “monophase” et “biphase” ont certes été différentes, mais le niveau de finition obtenu, allant jusqu’à la teneur des gras internes, a été équivalent ».

Pré-engraissement

En parallèle, un pré-engraissement à l’herbe a été testé à la fin du printemps. Si cet itinéraire allonge le cycle en élevage, le coût de finition est sensiblement réduit pour des caractéristiques de carcasses similaires à celles atteintes avec un régime « monophase » en ration sèche. À la station de Pépieux, dans le Gers, un régime composé de 65 % de maïs grain humide – aliment de base des rations sèches du Sud-Ouest – a été comparé à un régime comportant 66 % d’ensilage d’épis de maïs entier. « Cette alternative apporte davantage de cellulose et permet une meilleure valorisation de la MS produite à l’hectare, sans que les performances à l’engrais ni la qualité des carcasses n’en soient affectées », note le spécialiste.

L. Pouchard

(1) Viser de 0,92 à 1 UFV/kg de MS selon les régimes. 15 % de MAT (100 PDI/UF) et 15 % de cellulose sont deux autres repères à avoir en tête pour un dosage équilibré de la ration.

Utiliser les fourrages produits à la ferme

Selon les conduites testées et les observations en ferme, le coût de finition varie de 400 à 600 €/tête. Ramené au kg de croît, il s’est établi à 2,50 € en moyenne. « À l’échelle du système, le recours à des fourrages issus de l’exploitation améliore l’efficience économique de la finition, ainsi que l’empreinte carbone de la production de viande », indique le rapport de synthèse du projet Defiblonde. « Ces différents essais alimentaires vont contribuer à développer un outil de conseil aux éleveurs pour piloter la finition des vaches de boucherie », relève Marion Kentzel.

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Cet article est paru dans La France Agricole

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