« Dans les systèmes sans cage, les poules doivent pondre dans les nids. La sélection des pondeuses en fonction du comportement de ponte pourrait s'avérer pertinent pour améliorer la production dans ces modes d'élevage », assurent Inrae et Novogen.

Pour tenter d’y parvenir, les deux partenaires ont utilisé des nids électroniques pour mesurer le rythme de ponte individuel de 1 430 poules de race rhode island red (œufs bruns) et 1 008 poules white leghorn (œufs blancs) pendant 40 semaines. Les animaux étaient « élevés en grand groupe au sol et sans cages ». Des coqs étaient présents, à raison d’un mâle pour dix poules. Il s’agissait en effet de femelles reproductrices dont les œufs étaient destinés à l’accouvage. Le régime quotidien d’éclairage était calé sur 16 heures de lumière et 8 heures d’obscurité.

Comportements variés

Plusieurs résultats se dégagent. En moyenne, les poules rhode island red (RIR) ont pondu entre 2h05 et 3h après la mise en route des lumières, contre 3h35 à 3h44 pour les white leghorn (WL). S’agissant de l’intervalle moyen de ponte, les résultats sont plus homogènes : il atteint 24h03 pour les RIR et 24h16 pour les WL. Bonne nouvelle : le taux d’acceptation du nid pour la ponte s’élevait à plus de 86 % des animaux. « L’utilisation ou non des nids est un comportement dont 13 à 26 % de la variabilité est influencée par des facteurs génétiques », précise l'Inrae, s’appuyant sur des estimations d’héritabilité réalisées lors de cette étude.

Au cours du cycle de production, différents comportements de ponte se sont également manifestés, en fonction des couvées (jours consécutifs de ponte) et des pauses (jours sans ponte). Les équipes de recherche ont ainsi distingué « les poules avec plus de quatre couvées courtes et de nombreuses pauses, avec deux à quatre couvées longues, ou avec une couvée longue sans pauses ». Selon l'Inrae, « jusqu’à 68 % des différences de rythme de ponte sont d’origine génétique ».

Favoriser la production

Point encourageant, les caractères qui régissent le rythme de ponte et l’utilisation des nids sont « héritables et bien corrélés à la production d’œufs ». Pour l'Inrae et Novogen, ils pourraient ainsi être utilisés dans les programmes d'amélioration génétique pour accroître les performances des systèmes alternatifs à la cage aménagée. Les caractères liés au nombre de couvées et aux caractéristiques de ponte permettraient notamment d'améliorer la production d’œufs. De son côté, celui lié à l’acceptation du nid serait pertinent pour réduire le nombre d’œufs pondus en-dehors du nid. « Cependant, la variabilité du caractère lié au moment de la ponte après la mise en route des lumières doit être maintenu, afin de limiter la compétition sur les nids », notent les équipes de recherche. Leurs travaux doivent se poursuivre afin d’« identifier les régions du génome qui gouvernent l’expression de ces nouveaux caractères ».