La décision est prise, la salle de traite va bientôt laisser sa place à un ou plusieurs robots de traite. Une fois les questions relatives à l'agencement, au financement ou à l'organisation du travail réglées, vient l'heure de préparer ses vaches au changement. 

1. La vache idéale

Pour se constituer un troupeau "robot compatible", un travail sur la prophylaxie et la génétique des laitières s'impose. Et cela des mois, voire des années, avant la transition robotisée.

"Il faut faire attention à la qualité des membres et à la santé du pied pour faciliter le déplacement des animaux et l'accès au robot", prévient Olivier Veron, référent nutrition chez Littoral Normand. La sélection génétique peut aider, tout comme l'organisation de chantiers de parage a minima trimestriels. Ces chantiers permettent d'intervenir sur les vaches boiteuses mais aussi et surtout de "surveiller les primipares en début de lactation et les vaches en fin de lactation, pour commencer un nouveau cycle avec des pattes en bonne santé". Si le robot choisi n'est pas équipé d'un système de désinfection des pieds des bovins, l'installation d'un pédiluve est recommandée. 

Au tour de la mamelle. Une bonne longueur et implantation des trayons, ni trop serrés, ni trop écartés, devient un nouvel axe prioritaire de sélection pour faciliter la tâche de reconnaissance du robot. Les index production laitière et vitesse de traite ont également leur importance, en particulier sur un robot saturé. Pour un lait de qualité, l'index santé mammaire vient à la rescousse. En prime, "on prend soin de l'hygiène du bâtiment, on coupe les poils des queues et on épile les mamelles !"

"À la mise en route du robot, il faudrait avoir plus de 90 % de vaches saines au niveau cellulaire et ne recenser aucune boiterie", résume finalement l'expert. 

2. Le bon effectif 

Une stalle peut en moyenne accueillir 50 à 60 vaches laitières au démarrage. Pour ne pas la surcharger dès les premiers jours, mieux vaut ajuster les effectifs en amont. "Les animaux avec des problèmes de locomotion ou de mamelle peuvent être réformés, suggère Olivier Veron. Certains tarissements peuvent également être anticipés, pour les vaches les moins productives."

Afin d'éviter les embouteillages, la gestion des pics de fréquentation est tout aussi importante. Étaler les vêlages et viser un intervalle entre deux vêlages restreint aident à réguler le trafic, avec un effectif constant au robot toute l'année et une hétérogénéité des stades de lactations. L'étalement des vêlages est aussi recommandé pour les génisses, pour "limiter les pertes de temps liées à la phase d'apprentissage", précise l'expert. 

3. Une alimentation ajustée 

Si cela n'est pas déjà en place, l'arrivée du robot signe le passage en ration semi-complète. Dans cette perspective, "la ration à l'auge devra être équilibrée pour 5 à 8 kg de lait en deçà de la production du troupeau". La complémentation au robot devra, elle, osciller entre 800 g et 7 kg de concentrés. Pas moins, pour attirer les vaches, mais pas plus, pour ne pas sous-valoriser les fourrages de la ration de base. 

Enfin, "pour limiter le stress des animaux et les habituer à la nouvelle installation", il est conseillé de ne pas cumuler l'arrivée du robot, une transition alimentaire et la sortie au pâturage sur une même période. Une révolution à la fois !

Pour aller plus loin : vidéo "Et si on robotise la traite ?" sur la chaîne YouTube Littoral Normand