En à peine six heures, son téléphone a sonné dix fois. Dix appels de « collègues en burn-out ». Patrice Brachet est un ancien éleveur laitier de la Dordogne, devenu sentinelle de la MSA en 2017. En temps normal, ils sont une dizaine par jour à l’appeler à l’aide. Mais depuis l’arrivée de la dermatose nodulaire contagieuse (DNC), « la situation devient insupportable et la pression mentale est énorme », alerte celui qui passe ses journées à épauler les agricultrices et agriculteurs en situation de mal-être.
Les fêtes de fin d’année aggravent la situation
« Les collègues sont au bord de l’explosion mentalement. Ils sont perdus, certains complètement à la masse, s’inquiète l’ex-éleveur de 66 ans. J’ai eu le chef du service social de la MSA de la Dordogne qui m’a dit qu’ils étaient complètement sous l’eau. C’est très inquiétant. »
En cause, une situation économique globalement « catastrophique depuis plusieurs années », explique-t-il, cumulée àvec l’arrivée de la crise sanitaire de la DNC qui touche plus d’une centaine d’élevages en France. « Leur enlever leur troupeau est comme leur retirer une partie d’eux-mêmes. C’est une situation psychologique extrêmement violente qui a des conséquences sur le moral. »
Pour le moment, « les manifestations donnent un petit peu d’encouragement, lui souffle son fils à ses côtés. Ils se soutiennent les uns les autres. Mais attention, les fêtes de fin d’année peuvent aggraver la situation pour celles et ceux qui se sentent déjà seuls. »
Heureusement, insiste-t-il, il existe plusieurs moyens de se faire épauler au niveau local. « C’est très important que les agricultrices et les agriculteurs savent qu’ils ne sont pas seuls, qu’ils sont soutenus et qu’ils peuvent contacter leur MSA si ça va mal. »