La Confédération paysanne a annoncé le 4 février 2026 qu’elle boycotterait l’inauguration du Salon international de l’agriculture (Sia) par Emmanuel Macron, et le traditionnel petit-déjeuner qu’il organise avec les syndicats avant l’ouverture, prévue le 21 février. Une décision qui intervient au lendemain d’une visite présidentielle en Haute-Saône, le 3 février. La veille, à l’Élysée, la Confédération paysanne avait rencontré le président avec les autres syndicats agricoles (mis à part le Modef qui a critiqué le fait d’être ainsi écarté). Elle assure avoir insisté sur « l’urgence de stopper la politique d’abattage total pour la dermatose nodulaire contagieuse (DNC) ».
Lors de son déplacement dans une exploitation laitière près de Vesoul, le chef de l’État a été interrogé sur l’absence annoncée des bovins au Salon — qui embarrasse l’exécutif. Il a estimé « que les conditions sanitaires, maintenant, sont à coup sûr bien plus réunies que quand ces décisions ont été annoncées », invitant les organisateurs à « regarder s’il y avait peut-être des flexibilités possibles ». Tout en prenant soin de préciser qu’il appartenait « aux professionnels et aux organisateurs du Salon de prendre cette décision, ce n’est pas au Président de la République, au Gouvernement de le faire. » Reste que la présidence pousse, via les syndicats, pour convaincre les 28 organismes de sélection de races bovines de revenir sur leur décision.
Colère contre l’abattage total
La pirouette n’a manifestement pas convaincu la Confédération paysanne. Pour le syndicat : « Nous demander, comme si les choses allaient de soi, de faire en sorte « qu’il y ait des vaches » au Salon de l’agriculture témoigne d’une déconnexion totale avec la réalité », dénonce-t-il dans son communiqué. Car selon la Confédération paysanne, « c’est bien la gestion de la crise de la DNC par son gouvernement, arc-bouté sur l’abattage total, qui conduit au final à l’absence de bovin au Sia ».
La Confédération paysanne réclame toujours l’arrêt immédiat de cette stratégie sanitaire, estimant que « rien ne garantit que la crise ne reprenne pas au printemps ». Elle pointe également l’absence de « mesures structurantes pour le monde agricole, notamment sur les questions de revenu et de régulation ». Le syndicat rappelle qu’Emmanuel Macron avait promis il y a deux ans, dans les allées mêmes du Salon, l’instauration de prix minimum garantis rémunérateurs. Une promesse jamais concrétisée.
Le syndicat souligne qu’il sera néanmoins présent sur son stand durant tout le Salon « pour porter la voix des paysan·nes qui en ont assez de se payer de mots ».