Près de la moitié des Français sont prêts à payer leur alimentation 3 à 5 % plus cher, indique le baromètre de la souveraineté alimentaire du label Agri-Éthique dévoilé le vendredi 13 mars 2026. D’après ce sondage réalisé par Toluna et Harris Interactive sur un échantillon de plus de 1 000 personnes dont 300 agriculteurs (1), près de 80 % des consommateurs sondés sont prêts à faire évoluer leurs habitudes de consommation.
De leur côté, vis-à-vis d’autres sujets d’actualité, les agriculteurs placent la souveraineté alimentaire au même titre niveau d’importance que l’éducation, par exemple. 99 % d’entre eux considèrent que cette thématique de la souveraineté alimentaire est prioritaire en France aujourd’hui.
Des consommateurs prêts à payer davantage
Le ministère de l’Agriculture a fait de la souveraineté alimentaire l’une de ses priorités en lançant le « Grand réveil alimentaire », en décembre 2026. Toutefois la France n’est pas autonome en matière d’alimentation. Selon les derniers chiffres de l’interprofession de la volaille de chair, l'Anvol, datés de février 2026, un poulet sur deux est importé en France.
Selon le baromètre d’Agri-Éthique, 87 % des consommateurs et 82 % des agriculteurs sondés estiment que la France dépend trop des importations. Les pouvoirs publics sont considérés comme premiers responsables de la souveraineté alimentaire. Cependant, d’après le sondage, seulement 11 % des agriculteurs font confiance à l’État pour garantir la souveraineté alimentaire.
La rémunération au cœur des débats
La profession agricole souhaiterait une meilleure rémunération de sa production. En ce sens, d’après le baromètre, 88 % des Français estiment que les prix payés aux agriculteurs sont la clé pour renforcer la souveraineté alimentaire. De leur côté aussi, à raison de 89 %, les agriculteurs disent que les prix pour lesquels ils sont dépendants sont clés.
Avec ce baromètre, il apparaît que les agriculteurs souhaitent avant tout garantir leur stabilité économique. Lorsqu’il s’agit de plutôt porter leur dévolu sur un système de commercialisation basé sur le marché ou sur un modèle fondé sur des contrats pluriannuels, 88 % des agriculteurs sondés répondent qu’ils préfèrent un système fondé sur des contrats pluriannuels basés sur les coûts de production. En parallèle de ce constat, ils se disent largement prêts à plus de transparence économique.
Le baromètre met en évidence que la souveraineté alimentaire est un enjeu partagé. Pourtant, celle-ci suppose de repenser les équilibres économiques entre producteurs, distributeurs et consommateurs. Ainsi, 93 % des consommateurs sondés disent vouloir faire du soutien aux agriculteurs une grande cause nationale.
(1) Pour ce baromètre, un échantillon représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus et un échantillon de 305 personnes de la population agricole âgées de 18 ans et plus ont été interrogés. Le sondage a été réalisé en ligne du 23 au 27 janvier 2026 pour les consommateurs et par téléphone du 20 janvier au 5 février 2026 pour les agriculteurs.