« Les résultats sont intéressants », se félicite Nathalie Raitière, ingénieure du réseau Dephy cerises de la vallée du Tarn, dans l’Aveyron. Depuis deux ans, des membres de ce groupe ont testé de pulvériser de l’argile blanche sur leur cerisier pour combattre la drosophile Suzukii.
En 2024, ils ont réalisé trois applications : 50 kg/ha un jour avant véraison (1), puis 30 kg/ha 7 jours plus tard, et enfin 20kg/ha 10 jours avant récolte. Les résultats ont été positifs sur les variétés précoces et de mi-saison : 3 % de cerises véreuses.
En revanche, pour les cerises tardives, « c’est insatisfaisant » selon Nathalie Raitière, 27,2 % des fruits étant attaqués. Dans tous les cas, la comparaison avec les vergers traités au spinosad est favorable à l’argile, les deux produits étant utilisables en bio.
Frein à la commercialisation
En 2025, le groupe s’est penché, côté conventionnel, sur la réduction des insecticides. « L’idée était de passer de 5 à 2 traitements et d’ajouter de l’argile. Sur l’ensemble des variétés, on est entre 5 et 7 % de cerises attaquées. »
Les arboriculteurs ont pulvérisé 50 kg d’argile/ha avant véraison, puis 30 kg/ha avec du Karaté Zeon (lambda-cyhalothrine) 7 jours plus tard puis, une semaine plus tard, 20 kg/ha et de l’Exirel (cyantraniliprole). Le coût par hectare est favorable à ce mix insecticides-argiles : 776 €/ha contre 924 €/ha pour 5 à 6 pulvérisations d’insecticides (avec 20 % de dégâts)… et 30 000 €/ha pour les filets (avec un résultat parfait).
Fait notable : après un traitement à l’argile, il n’y a pas d’autorisation de commercialisation en circuit long. Par ailleurs, quelques traces blanches persistent, au niveau du pédoncule, même après rinçage. « Mais, assure la technicienne, en circuits courts, ça fonctionne très bien et le goût des cerises est le même. » Attention aussi aux pulvérisateurs, qui peuvent être abîmés par l’argile.
(1) Lorsque la cerise prend sa couleur rouge.