Pour mieux comprendre et limiter les dégâts de phytonome de la luzerne dans le Sud-Est, une trentaine d’agriculteurs de la région ont répondu en 2024 à un questionnaire. « Les larves de ce coléoptère occasionnent en effet d’importants dégâts sur la première coupe de luzerne », expose Clémence Rivoire, conseillère en grandes cultures bio au sein d’Agribio 04.

À partir des réponses collectées, trois stratégies ont été testées en 2025 sur la station expérimentale d’Arvalis à Gréoux-les-Bains (04) dans une luzerne semée mi-mars à 20 kg/ha :

  • Un hersage sur les premiers centimètres du sol réalisé mi-février pour perturber l’insecte pendant sa phase d’hivernation ;
  • Un broyage précoce fin février pour supprimer les supports de ponte (les tiges) et/ou détruire les œufs ;
  • Un broyage tardif, début avril, pour consommer les repousses.

Pâturage précoce

Le hersage comme le broyage précoce ont permis de réduire significativement le nombre de larves, de 40 à 70 %. La pression du phytonome étant encore plus faible quand les deux techniques sont combinées. Le rendement de la première coupe s’en est trouvé amélioré, contrairement au broyage tardif.

Autre piste explorée, le pâturage précoce, conduit mi-mars chez des éleveurs ovins bio à Pierrerue (04), dans une luzerne associée à de l’avoine. Cette stratégie a donné les meilleurs résultats, avec jusqu’à 80 % de larves en moins.

« De plus, le décalage de trois semaines, du stade de fauche idéal observé pourrait aider à mieux répartir les chantiers de récolte », estime Clémence Rivoire. Ces premiers résultats doivent être confirmés par d’autres essais qui intégreront également la charge de travail et le coût de mise en œuvre de ces différentes techniques.