Avec des attaques réparties par foyers ou taches dans les parcelles, le taupin peut entraîner une forte nuisibilité sur maïs. Plusieurs espèces peuvent se rencontrer en France : Agriotes ou Athous, mais cette dernière n’occasionne a priori pas de dégâts sur maïs.

Les adultes déposent les œufs dans le sol de mai à juillet. Les larves, appelées vers « fil de fer », peuvent vivre selon les espèces jusqu’à 4 ans. Ainsi, dans une même parcelle peuvent se côtoyer des larves de tous âges, avec une taille variant de 3 à 25 mm, sachant que les attaques plus nuisibles sont dues aux derniers stades larvaires. Les plantes touchées présentent alors un dessèchement de la feuille centrale.

Présent dans les régions humides

Ce coléoptère affectionne les régions humides et est plus inféodé aux sols riches en matière organique et aux assolements intégrant de la prairie. « La lutte raisonnée contre le taupin nécessite donc la connaissance du risque parcellaire. On protégera en priorité les zones où des dégâts ont déjà été observés », informe Arvalis.

Comme il n’existe aucun moyen curatif, la lutte s’appuie sur des traitements insecticides appliqués au semis ou sur la semence. Toutefois, les spécialités microgranulées à base de lambda-cyhalothrine (Karaté 0.4GR/Ercole, Trika Expert +/Trika Lambda 1, Trika Super, Trika Perfect) et de téfluthrine (Force 1.5G) sont soumises à la réglementation Spe2.

Diffuseurs pour la cyperméthrine

Pour protéger les organismes aquatiques, elles doivent ainsi être incorporées au sol au minimum à 4 cm de profondeur pour la lambda-cyhalothrine et à 3 cm pour la téfluthrine. Ces produits ne peuvent donc plus être employés avec des diffuseurs, contrairement aux insecticides à base de cyperméthrine (Belem 0,8MG/Daxol).

Un premier essai réalisé en 2025 a permis de tester le traitement de semences Force 20 CS (téfluthrine), Belem 0,8 MG à 12 kg/ha (avec diffuseur), Karaté 0.4GR à 15 kg/ha avec (non autorisé) et sans diffuseur, ainsi qu’un autre produit microgranulés sous code (I2004) à base de 0,5 % de téfluthrine à 20 kg/ha.

Ce dernier devrait être commercialisé en 2027 et pouvoir être employé à 16 kg/ha sans DVP (Dispositif végétalisé permanent) ni diffuseur, et tous les ans — contrairement au Force 1,5G, qui ne peut être appliqué plus d’une fois tous les trois ans.

Effet de la pluie

L’ensemble de ces spécialités est ressorti dans le même groupe statistique avec quelques nuances. En effet, si Belem 0,8 MG avec diffuseur a montré dans cet essai de bons résultats, le Karaté 0.4GR sans diffuseur aussi. « Ceci s’explique par un “effet diffuseur” de la pluie dans la raie de semis », a précisé à la fin de novembre Audrey Pègues, ingénieure régionale Auvergne Berry, au cours d’une réunion technique.

Quant au produit sous code, il a présenté une efficacité similaire au Karaté 0.4GR sans diffuseur. Le traitement de semence Force 20 CS, lui, ressort avec de faibles résultats, déjà observés dans les essais historiques d’Arvalis.

Dans un second essai, l’efficacité de I2004 a cette fois été proche statistiquement du Belem 0,8 MG avec diffuseur. Les cumuls de pluie juste après le semis ont en effet été beaucoup moins importants. Et Karaté 0.4GR sans diffuseur a un peu décroché.

Une efficacité toute relative

La meilleure modalité « réglementaire » reste donc Belem 0,8 MG. C’est d’ailleurs ce que montre aussi la synthèse pluriannelle, avec toujours un plus comparé à la lambda-cyalothrine sans diffuseur. Toutefois, l’efficience des spécialités reste limitée.

Arvalis souligne : « Cela signifie que les seules solutions disponibles en 2026, et pouvant être appliquées sans contrainte de profondeur d’incorporation, sont celles qui comportent de la cyperméthrine (Belem 0,8MG/Daxol).

Appliquées avec diffuseur, elles présentent des résultats de l’ordre de 50 à 55 % en moyenne dans nos essais. Le choix de la protection des prochains semis de maïs se fera donc par défaut ! »