« Une réduction volontaire ne sera pas suffisante pour enrayer la crise » estime la Confédération paysanne dans un communiqué de presse du 30 janvier 2026. Le syndicat soutient la demande faite par plusieurs États membres d’activer la réserve de crise de la Pac pour gérer ce qu’il considère comme une « violente crise laitière ». Il met le curseur un cran plus loin en estimant qu’une réduction volontaire de la production est insuffisante. Il demande la réduction obligatoire de la production européenne en filière conventionnelle, avec indemnisation via la réserve de crise européenne. Le but ? « Arriver à hauteur de la production de 2024, en réduisant les livraisons sur les deuxième et troisième trimestres 2026 ».

Le syndicat réclame aussi une hausse du prix d’intervention européen (ce prix en dessous duquel l’Union européenne intervient pour faire remonter les cours, NDLR).

La commission prend acte mais reste prudente

À l’inverse, la Fédération des producteurs de lait (FNPL), section laitière de la FNSEA, estime qu’une réduction des volumes pourrait être dangereuse pour la filière. « Nous sommes encore loin d’avoir reconquis le milliard de litres perdu en France » explique son président Yohann Barbe en conférence de presse le 28 janvier. Le syndicat demande aux États membres de faire du stockage privé de poudre maigre et de matière grasse. Il estime que la surproduction durera encore 6 à 12 mois.

Face à cet afflux de demandes, la Commission européenne reste prudente. En réunion, le conseil Agriculture de l’Union européenne de décembre dernier estimait qu’il était « encore trop tôt pour confirmer une crise sur le marché du lait ». Le commissaire à l’agriculture Christophe Hansen a répondu à la demande de régulation du marché de l’Italie et la Hongrie lors de la dernière réunion des ministres à Bruxelles le 26 janvier. « Je prends vos inquiétudes très au sérieux, et nous allons renforcer la surveillance du marché ». Il estime cependant que « la demande mondiale reste robuste » et qu’elle offre des « débouchés solides » pour la production européenne. Il affirme que si la situation le demande, la commission européenne « utilisera tous les outils à sa disposition pour stabiliser le marché ».

La crise frappe déjà durement certains pays. En Belgique, le prix vient de tomber sous les 35 centimes du litre, selon le média belge RTBF actus. Les acteurs belges estiment que les prix pourraient rester bas pendant une longue période.